fortune
Nom communcorriente en diálogos
- /[yn fɔʁ.tyn]/
- /fɔʁ.tyn/
Hasard, chance.
Nom commun
- 1
Hasard, chance.
La fortune des armes. J’en courrai la fortune. La mauvaise fortune le poursuit.
Au reste, ne cherchez point à vous sauver de ces lieux, vous le tenteriez sans succès, et vous feriez votre fortune plus mauvaise : commencez votre nouveau régime de vie par la patience.
Voici la fortune qui passe… Saisissez-la. Dans une heure il sera trop tard : le maréchal va partir pour un long voyage.
- 2
Tout ce qui arrive ou peut arriver de bien ou de mal à quelqu’un.
C’était, en cas de mauvaise fortune, un moyen de traiter et d’obtenir sûrement de bonnes conditions.
Mais Renan avait été trop favorisé durant toute sa vie par la fortune, pour ne pas être optimiste ; il croyait donc que le mal se bornerait à l’obligation de traverser de mauvais jours, […].
Je partageai sa bonne et sa mauvaise fortune.
Nous ne pouvons prédire quelle sera la fortune de ce livre, de cet ouvrage. La fortune des états, des empires.
- 3
Divinité païenne qui était censée distribuer, à son gré, le bonheur et le malheur.
Gardez-vous donc bien d’imiter le vulgaire, qui met la Fortune au nombre des dieux ; la bizarrerie de sa conduite l’éloigne entièrement du caractère de la divinité, […].
Je m’étonne que la Fortune ne soit point descendue de sa boule de verre devant ta porte ; il est vrai que cette guenippe, avec le mauvais goût ordinaire aux femmes, comble de ses faveurs un tas de freluquets et de béjaunes au détriment des gens de mérite.
Hasards de la vie.
La fortune est aveugle, inconstante, capricieuse, changeante.
- 4
Aléas de la vie qui apportent du bien.
Il s'agit pour l'auteur d'expliquer dans ces pages pourquoi il persiste à écrire « fortune » au lieu de « providence », ce qu'on lui avait pourtant vivement suggéré à Rome en 1581. À chacun, répond-il, son domaine et ses mots : aux « humanistes » le « dire humain », aux théologiens le « parler divin ».
- 5
Avancement, établissement dans les emplois, dans les honneurs, dans les biens.
[…] ; la fortune doit être le prix du talent, et du talent seul; c’est à l'homme qui sent ce qu’il vaut de le proclamer, et, pour ma part, s’il y a lieu, j’en aurai le courage. Il me faut 30,000 livres de rente, je ne crois pas valoir moins que cela.
- 6
Tempête. → voir fortune de mer et de fortune
- 7
Péril en mer, aléa, et donc voile de réserve en cas de tempête : la « fortune carrée ».
La fortune est une voile carrée attachée sur une vergue qui se hisse, comme la voile de misaine des bâtiments carrés, à la tête et sur l'avant du mât de misaine
La fortune, qui est une grande voile carrée souvent volante, n’est utilisée qu’au vent arrière. La fortune correspond à la misaine sur un phare carré.
- 8
Les faveurs d’une femme.
Il a eu beaucoup de bonnes fortunes. Un homme à bonnes fortunes.
Le patron du Grand-Henri jura qu’il serait discret comme la tombe et conduisit son hôte dans une mauvaise chambre sur laquelle s’ouvrait un méchant cabinet noir. “C’est pour le moins un prince en bonne fortune, songea-t-il. Monseigneur, ajouta-t-il tout haut, c’est ici la chambre des princes.”
- 9
Les biens, richesses, ressources pécuniaires.
Pendant que le colonel […] apprenait les éléments de la Banque en déployant l’activité, la prodigieuse intelligence des Provençaux, Dumay réalisa deux fortunes, car il revint avec un chargement de coton acheté à vil prix.
Appartenant à la grande confrérie des conteurs et chanteurs errants, ce troubadour marocain ne possède pour toute fortune qu'un âne famélique, un vieux haïk en lambeaux, une pipe et une blague à kif et un petit instrument primitif à deux cordes, un gimbri, attribut de son état.
Ah ! la bougresse ! Elle est maintenant entretenue par un banquier tchécoslovaque qui a réalisé une fortune colossale pendant la guerre dans les fournitures aux armées.
Être pauvre parmi les pauvres, c’est beaucoup moins dur qu’au contact de voisins étalant une débordante fortune.
Formas
- plural
- fortunes