Télétravailler depuis un autre pays : où l'impôt est réellement dû
Publié le 30/07/2026 · 17 min de lecture · Calculateurs finance
Camille Laurent — Rédactrice Finance chez OneKitly
Fiscalité · Finances personnelles
Vérifié à partir de 6 sources
Il existe deux règles des 183 jours entièrement différentes, et les confondre est à l'origine de presque toutes les erreurs. La première est un critère interne de résidence, et il existe dans certains pays et pas dans d'autres : l'Espagne te considère résident si tu passes plus de 183 jours de l'année civile sur son territoire (article 9 de la Ley 35/2006), tandis que la France ne compte aucun jour — l'article 4 B du code général des impôts regarde le foyer ou le lieu de séjour principal, l'activité professionnelle et le centre des intérêts économiques. La seconde est la règle conventionnelle, l'article 15, paragraphe 2, du modèle de convention fiscale de l'OCDE, et elle ne tranche pas la résidence : elle tranche si le pays où tu as physiquement travaillé peut imposer la rémunération que tu y as gagnée. Cette règle pose trois conditions cumulatives, et l'État de la source ne perd son droit d'imposer que si les trois sont remplies — présence de 183 jours ou moins dans la période de douze mois pertinente, rémunération supportée par un employeur qui n'y est pas résident, et non supportée par un établissement stable que cet employeur y possède. Si une seule manque, l'État de la source peut imposer dès le premier jour, y compris le premier jour d'un déplacement de 40 jours. Le décompte se fait en jours de présence physique et non en jours travaillés : les jours d'arrivée et de départ, les week-ends, les jours fériés et les jours de maladie passés dans le pays comptent tous. Et rien de tout cela ne touche à la sécurité sociale, coordonnée par un instrument distinct avec des chiffres distincts — le règlement (CE) n° 883/2004, dont la règle principale est la loi du lieu de travail, dont la règle à deux pays repose sur une part d'activité de 25 % dans l'État de résidence, et qui porte depuis le 1er juillet 2023 un accord-cadre permettant aux télétravailleurs transfrontaliers habituels de rester dans le régime de l'employeur tant que le télétravail dans leur propre pays reste sous 50 % du temps.
La règle des 183 jours est la phrase la plus répétée et la moins comprise du travail transfrontalier. Elle vient d'un seul article d'un seul modèle de convention, elle a trois conditions et non une, et elle ne décide rien du tout sur la sécurité sociale, la paie ou l'exposition de ton employeur. Voici ce que chaque règle teste réellement.
Deux règles des 183 jours différentes, et une seule décide de la résidence
Le nombre apparaît deux fois dans ce domaine, dans deux textes qui font un travail différent, et la phrase « moins de 183 jours et tout va bien » les confond. La première apparition est en droit interne, où certains pays utilisent un décompte de jours comme l'un de leurs critères de résidence fiscale. L'Espagne le fait : l'article 9 de la Ley 35/2006 te rend résident si tu passes plus de 183 jours de l'année civile sur le territoire espagnol, et il ajoute que les absences sporadiques comptent dans ce total sauf preuve d'une résidence fiscale ailleurs. La France ne le fait pas. L'article 4 B du code général des impôts énumère trois critères alternatifs — le foyer ou le lieu de séjour principal, une activité professionnelle exercée en France, et le centre des intérêts économiques — et aucun n'est un nombre de jours. On peut être résident fiscal français en ayant passé bien moins de la moitié de l'année en France, parce que le foyer familial y est.
La seconde apparition est dans les conventions fiscales, et elle fait tout autre chose. Une fois la résidence tranchée — par le droit interne, et si deux pays te revendiquent, par la clause de départage de l'article 4 de la convention applicable — la convention répartit ensuite chaque catégorie de revenu. L'article 15 est celui des revenus d'emploi. Son premier paragraphe dit que la rémunération n'est imposable que dans l'État de résidence, à moins que l'emploi ne soit exercé dans l'autre État, auquel cas cet autre État peut imposer la rémunération qui y est gagnée. Son second paragraphe est l'exception qui rend le droit exclusif à l'État de résidence, et c'est cette exception que tout le monde appelle la règle des 183 jours. Le décompte de l'article 15, paragraphe 2, ne décide donc jamais où tu habites. Il décide si un pays où tu es allé travailler peut imposer la tranche de salaire gagnée pendant que tu étais sur son sol.
Trois conditions, toutes cumulatives, et le décompte n'est que la première
L'article 15, paragraphe 2, est écrit comme une liste reliée par « et », non par « ou ». La rémunération n'est imposable que dans l'État de résidence si : le bénéficiaire séjourne dans l'autre État pendant des périodes n'excédant pas au total 183 jours durant toute période de douze mois commençant ou se terminant dans l'année fiscale considérée ; la rémunération est payée par un employeur, ou pour le compte d'un employeur, qui n'est pas un résident de cet autre État ; et la charge de la rémunération n'est pas supportée par un établissement stable que l'employeur a dans cet autre État. Trois conditions. Toutes les trois. L'exonération dans l'État de la source récompense l'ensemble, et le manquement à une seule donne à l'État de la source le droit d'imposer la rémunération attribuable au travail effectué sur son territoire — pas seulement les jours au-delà de 183, mais chaque jour travaillé sur place.
Cette asymétrie explique pourquoi la règle passe si souvent pour généreuse. Ce n'est pas un refuge qui protège les déplacements courts ; c'est un allègement étroit pour un schéma précis et fréquent — le salarié envoyé en mission courte par un employeur étranger, aux frais de cet employeur. Prends une ingénieure résidente de France qui passe quatre mois en Allemagne sur un projet. Si la filiale allemande est refacturée de son temps, la condition b ou c tombe sur le fond de qui supporte réellement le coût, et l'Allemagne peut imposer les quatre mois de rémunération alors même que 120 jours sont très loin de 183. À l'inverse, un consultant qui passe 200 jours dans un pays manque la condition a et les deux autres ne sont même pas lues. Le décompte ne compte que lorsque les deux autres sont déjà satisfaites.
Présence physique, pas jours travaillés — et la fenêtre n'est pas forcément l'année civile
Le commentaire de l'article 15 fixe la méthode de décompte : les jours de présence physique. Tout jour où la personne est présente dans l'État, même une partie du jour, compte pour un jour entier. Cela inclut le jour d'arrivée et le jour de départ, comptés chacun en entier ; les samedis et dimanches passés sur place ; les jours fériés ; les jours de congé pris avant, pendant ou après la mission ; les courtes interruptions ; et les jours de maladie, sauf si c'est la maladie qui a empêché le départ et que la personne aurait sinon bénéficié de l'exonération. Les jours passés entièrement hors de l'État ne comptent pas, et un jour de transit entre deux autres pays ne compte pas. C'est un critère volontairement grossier, et cette grossièreté est le but : il se vérifie sur des cartes d'embarquement plutôt que sur des feuilles de temps.
La fenêtre est le second piège. Le texte actuel du modèle compte sur toute période de douze mois commençant ou se terminant dans l'année fiscale considérée — une fenêtre glissante, ce qui signifie qu'un séjour à cheval sur deux années civiles peut malgré tout dépasser la limite. De nombreuses conventions en vigueur ont été signées avant l'adoption de cette formulation et disent encore « dans l'année fiscale considérée » ou « dans l'année civile ». Laquelle régit ton cas dépend de la convention précise entre les deux pays précis, et de rien d'autre. C'est le moment de lire le texte bilatéral lui-même plutôt qu'un résumé du modèle : les deux formulations donnent des réponses différentes pour exactement le cas le plus fréquent, un projet qui court de l'automne au printemps.
La condition tenant à l'employeur est là où se décident la plupart des cas
La condition b demande qui est l'employeur, et la réponse n'est pas automatiquement l'entité figurant sur le contrat de travail. Le commentaire pose un critère de substance — parfois appelé approche de l'employeur économique — qui regarde qui supporte le risque et la responsabilité du travail, qui donne les instructions, qui contrôle le lieu de travail et, de façon décisive, qui supporte en définitive le coût de la rémunération. Si un groupe refacture le coût salarial à l'entité du pays où le travail a été effectué, cette entité commence à ressembler à l'employeur au sens de la convention alors même qu'aucun contrat n'a été signé avec elle, et l'abri de l'article 15, paragraphe 2, disparaît.
Les administrations fiscales ont bâti une doctrine détaillée sur exactement ce point. Le ministère allemand des finances a publié le 12 décembre 2023 une circulaire sur le traitement fiscal des revenus d'emploi au regard des conventions de double imposition, modifiée le 19 décembre 2025 ; la modification renforce la valeur probante d'une attestation d'employeur indiquant, en pourcentage, quels salaires, charges annexes et frais administratifs ont été refacturés à l'entité d'accueil à des conditions de pleine concurrence. C'est l'administration qui te dit où elle regardera d'abord. Si ta mission comporte une refacturation, c'est le dossier de refacturation qui tranche, et il vaut mieux le soigner avant la mission qu'après le redressement.
La sécurité sociale est un autre système, avec d'autres chiffres
Rien dans l'article 15 n'a d'incidence sur le pays dont tu relèves pour la sécurité sociale. Dans l'UE, l'EEE et la Suisse, cela est réglé par le règlement (CE) n° 883/2004, dont la règle générale à l'article 11, paragraphe 3, point a), est la loi du lieu où l'activité est exercée. L'article 12 réserve le cas du détachement, permettant à un travailleur envoyé à l'étranger de rester dans son régime d'origine lorsque la durée prévisible n'excède pas vingt-quatre mois. L'article 13 traite de l'activité dans deux États membres ou plus, et c'est l'article où atterrit d'ordinaire un télétravailleur. Son règlement d'application, le (CE) n° 987/2009, donne l'étalon : l'article 14, paragraphe 8, dit qu'une part inférieure à 25 % du temps de travail ou de la rémunération est un indice qu'une partie substantielle de l'activité n'est pas exercée dans cet État. Vingt-cinq, pas cent quatre-vingt-trois.
Ce seuil de 25 % rendait le travail hybride ordinaire inconfortable : deux jours par semaine depuis son domicile dans un pays voisin font 40 %, ce qui bascule toute la paie vers le pays de résidence. La réponse a été un accord-cadre multilatéral fondé sur l'article 16, paragraphe 1, du règlement 883/2004, en vigueur depuis le 1er juillet 2023, en vertu duquel le télétravail transfrontalier dans l'État de résidence représentant moins de 50 % du temps de travail total peut être écarté, sur demande conjointe de l'employeur et du salarié, l'État de l'employeur conservant l'affiliation. Il ne lie que les États signataires ; la Belgique en est dépositaire et tient la liste, et plusieurs États ont adhéré plus tard — la Slovénie en septembre 2023, l'Italie en janvier 2024, l'Irlande en juin 2024, la Lituanie en mai 2024, l'Estonie en février 2026. Il s'active dossier par dossier, pas automatiquement, et il produit un certificat A1, le document que réclame réellement un inspecteur du travail.
Ce que le décompte n'a jamais décidé : la paie et l'établissement stable
Deux autres questions sont couramment repliées dans les 183 jours et n'appartiennent ni à l'une ni à l'autre. La première est la retenue à la source sur salaires : savoir si un employeur doit s'immatriculer et pratiquer une retenue dans le pays où se trouve le salarié relève du droit interne de ce pays, et un pays peut exiger l'immatriculation même lorsque la convention exonère finalement la rémunération, parce que le bénéfice conventionnel se réclame et ne se présume pas. « Nous n'avons pas de paie là-bas » est une affirmation sur les systèmes de l'employeur, pas sur l'impôt dû. La seconde est l'établissement stable de l'employeur, qui vit à l'article 5 du même modèle et repose sur l'existence d'une installation fixe d'affaires à la disposition de l'entreprise, ou sur le fait qu'une personne y conclut habituellement des contrats en son nom. Un bureau à domicile peut peser dans cette analyse ; le nombre de jours passés dans le pays par son occupant n'est pas le critère.
L'ordre pratique des opérations découle de tout cela. Règle d'abord la résidence, en droit interne puis par la clause de départage conventionnelle, car tout le reste en dépend. Ensuite, pour chaque pays où tu as physiquement travaillé, applique l'article 15, paragraphe 2, comme un test en trois volets et sois honnête sur la condition b. Puis, séparément et avec d'autres chiffres, établis la situation de sécurité sociale et obtiens l'A1 avant de partir, pas après. Puis demande ce que ton employeur doit faire en matière d'immatriculation et de retenue dans chaque lieu, question de droit interne à chaque fois. Tiens au fil de l'eau un relevé daté de présence physique — le décompte est la seule partie de tout ceci qu'il est impossible de reconstituer un an plus tard, et c'est celle que l'administration te demandera de prouver.
| Texte | Ce qu'il compte | Seuil | Ce qu'il décide |
|---|---|---|---|
| Critère interne de résidence (ex. art. 9 Ley 35/2006, Espagne) | Jours sur le territoire national dans l'année civile | Plus de 183 | Si ce pays te traite en résident fiscal sur tes revenus mondiaux |
| Critère interne sans décompte de jours (art. 4 B CGI, France) | Foyer ou lieu de séjour principal, activité professionnelle, centre des intérêts économiques | Aucun nombre — un seul critère suffit | La même question, sans décompte de jours derrière lequel s'abriter |
| Art. 15, § 2, du modèle OCDE | Jours de présence physique, plus qui paie et qui supporte la charge | 183 jours sur la période de douze mois pertinente, ET deux autres conditions | Si le pays où tu as travaillé peut imposer la rémunération qui y est gagnée |
| Règl. (CE) 883/2004 art. 13 + règl. 987/2009 art. 14, § 8 | Part du temps de travail ou de la rémunération dans l'État de résidence | 25 % marquent une part substantielle | De quel pays tu relèves pour la sécurité sociale — jamais la question fiscale |
| Accord-cadre sur le télétravail transfrontalier (art. 16, § 1), en vigueur le 1er juillet 2023 | Télétravail transfrontalier dans l'État de résidence, en part du temps de travail total | Moins de 50 %, sur demande conjointe, entre États signataires seulement | Si l'État de l'employeur conserve l'affiliation malgré la règle des 25 % |
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Questions fréquentes
- J'ai passé 120 jours à travailler en Espagne pour mon employeur français. Suis-je à l'abri de l'impôt espagnol ?
- Seulement si les deux autres conditions tiennent aussi. Cent vingt jours passent le décompte, la condition a est donc satisfaite. Demande maintenant si ton salaire pour ces jours a été en définitive supporté par une entité espagnole — filiale, succursale, client à qui ton temps a été refacturé. Si oui, la condition b ou c tombe sur le fond et l'Espagne peut imposer la rémunération attribuable aux 120 jours, et non l'excédent au-delà d'un seuil. Demande séparément si ta présence et ton organisation de travail en Espagne ont déclenché la résidence espagnole au sens de l'article 9 de la Ley 35/2006, qui compte les jours autrement et répond à une autre question, et si un A1 couvrait le volet sécurité sociale.
- Le décompte des 183 jours repart-il à zéro le 1er janvier ?
- Cela dépend de la convention que tu as sous les yeux, et ce n'est pas un détail. Le texte actuel du modèle OCDE compte sur toute période de douze mois commençant ou se terminant dans l'année fiscale considérée, soit une fenêtre glissante : 100 jours d'octobre à décembre et 100 jours de janvier à mars la franchissent, alors qu'aucune des deux années civiles ne le fait. Beaucoup de conventions encore en vigueur sont antérieures à cette rédaction et comptent dans l'année fiscale ou civile, auquel cas le même schéma reste sous la limite des deux côtés. Lis le texte bilatéral effectif des deux pays concernés ; le modèle est un gabarit, pas la règle qui t'est applicable.
- Mon employeur dit qu'il ne peut pas faire de paie dans ce pays, donc je ne peux pas y être imposé. Est-ce exact ?
- Non. Ce sont deux affirmations sans rapport. Le fait qu'un impôt soit dû dans un pays découle du droit interne de ce pays tel que limité par la convention ; le fait que ton employeur y soit immatriculé pour la paie est un fait opérationnel le concernant. Beaucoup de pays exigeront que la personne déclare et paie directement lorsqu'il n'y a pas de retenue locale, et certains exigeront précisément que l'employeur étranger s'immatricule parce qu'un salarié y travaille. L'absence de paie est une raison de vérifier quelle obligation déclarative pèse sur toi personnellement, pas une raison de conclure que rien n'est dû.
- Ai-je besoin d'un A1 si je travaille deux jours par semaine depuis chez moi dans un pays voisin ?
- Oui, et c'est précisément le cas pour lequel l'accord-cadre a été écrit. Deux jours sur cinq font 40 % de ton temps de travail dans ton État de résidence, au-dessus de l'indice de 25 % de l'article 14, paragraphe 8, du règlement 987/2009, ce qui déplacerait normalement ton affiliation vers le pays où tu vis. Depuis le 1er juillet 2023, si les deux États ont signé l'accord-cadre, employeur et salarié peuvent demander conjointement le maintien de la compétence de l'État de l'employeur, à condition que le télétravail transfrontalier reste sous 50 %. La demande produit un certificat A1 ; sans lui, tu n'as aucune preuve portable de ton rattachement, et c'est le certificat, non le raisonnement, qui est accepté lors d'un contrôle.
- Mon travail à domicile peut-il créer un établissement stable pour mon employeur ?
- Cela peut arriver, et le décompte n'y est pour rien. Cette question vit à l'article 5 de la convention, qui demande si une installation fixe d'affaires est à la disposition de l'entreprise — un bureau à domicile utilisé continûment pour l'activité, surtout quand l'employeur l'exige et n'offre pas d'alternative, est un schéma reconnu — ou si une personne conclut habituellement des contrats au nom de l'entreprise. Les fonctions commerciales sont le risque le plus net, car le second volet les attrape quel que soit l'emplacement du bureau. C'est une question sur l'exposition de ton employeur à l'impôt sur les sociétés, non sur ton impôt sur le revenu, et les deux se tranchent sous des articles différents sur des faits différents.
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Ceci est une explication générale du fonctionnement des textes cités, et non un conseil fiscal, juridique ou financier, ni un substitut à la lecture de ton propre contrat, convention ou relevé de carrière. Chaque taux et chaque seuil porte l'année où il s'applique ; ils sont révisés, parfois deux fois par an, et le chiffre exact au moment de la rédaction n'est peut-être pas celui qui régit ta situation.
Sources
- OECD — Model Tax Convention on Income and on Capital — Article 15 (Income from Employment) and its Commentary, including the days-of-physical-presence method and the economic-employer analysis
- EUR-Lex — Regulation (EC) No 883/2004 on the coordination of social security systems — Article 11(3)(a), Article 12 (24-month posting), Article 13 (activity in two or more Member States), Article 16(1)
- EUR-Lex — Regulation (EC) No 987/2009 — Article 14(8), the 25% indicator for a substantial part of the activity
- FPS Social Security (Belgium) — Framework Agreement on cross-border telework under Article 16(1) of Regulation 883/2004 — the under-50% rule, in force 1 July 2023, and the list of signatory states (Belgium is the depositary)
- Légifrance — Code général des impôts, Article 4 B — the French residence test, which contains no day count
- Bundesministerium der Finanzen — BMF-Schreiben on the tax treatment of employment income under double taxation agreements, 12 December 2023, as amended 19 December 2025 — the employer certificate on recharged costs
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