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Allocation chômage en France, Allemagne et Espagne : combien de temps, et combien

Publié le 22/07/2026 · 21 min de lecture · Outils business

Camille Laurent

Camille LaurentRédactrice Finance chez Allin

Fiscalité · Finances personnelles

Vérifié à partir de 6 sources

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En bref

Prends un même profil — quarante ans, célibataire, sans enfant à charge, 42 000 € bruts par an, cinq ans d'emploi continu à temps plein, perte d'emploi involontaire en 2026 — et passe-le dans les trois systèmes. La France verse 65,59 € par jour, soit 1 967,67 € pour un mois de trente jours, pendant 548 jours : environ 35 943 € au total. L'Espagne verse 1 225 € par mois pendant 600 jours : 24 500 € au total. L'Allemagne verse 60 % d'un net forfaitaire déjà inférieur de 20 % au brut journalier, pendant 360 jours, si bien que le versement ne peut dépasser 1 656,99 € par mois et que l'étape de l'impôt le réduit encore : au plus 19 884 € au total. Les trois chiffres diffèrent parce que le pourcentage porte sur trois grandeurs différentes. La France prend 57 % d'un salaire journalier de référence construit sur le brut ; l'Allemagne prend 60 % d'un net forfaitaire, le brut diminué de 20 % puis de l'impôt correspondant à ta classe fiscale ; l'Espagne prend 70 % d'une base de cotisation moyenne puis plafonne le résultat à 1 225 € par mois sans enfant à charge, raison pour laquelle un salaire espagnol supérieur à environ 21 000 € par an n'achète plus aucune allocation supplémentaire. La durée suit une fraction différente dans chaque pays : la France paie trois jours pour quatre jours de couverture, l'Allemagne un pour deux, l'Espagne un pour trois.

Une même personne, un même salaire, une même ancienneté, et trois réponses séparées par plus de seize mille euros. Le pourcentage ne porte pas sur la même grandeur dans les trois pays, la durée se construit à partir d'une fraction différente, et un seul des trois réduit le versement au bout de six mois.

Un profil, trois réponses

Le profil est volontairement banal : quarante ans, célibataire, sans enfant à charge, 42 000 € bruts par an — 3 500 € par mois — cinq ans d'emploi continu à temps plein chez un même employeur, et une perte d'emploi involontaire en 2026. Rien d'exceptionnel, et c'est justement l'idée : l'écart décrit ci-dessous est celui que produit le cas ordinaire. Chaque chiffre qui suit a été calculé à partir des paramètres légaux cités, non estimé, et porte l'année ou la date à laquelle il s'applique.

La France verse à ce profil 65,59 € par jour pendant 548 jours, soit 18 mois, qui est le plafond légal pour un allocataire de moins de 55 ans. L'Espagne verse 1 225 € par mois pendant 600 jours, soit 20 mois. L'Allemagne verse pendant 360 jours, soit 12 mois, et le versement ne peut dépasser 1 656,99 € par mois. Sur l'ensemble du droit, cela fait environ 35 943 € en France, 24 500 € en Espagne et au plus 19 884 € en Allemagne — plus de seize mille euros d'écart pour la même personne et la même carrière. Et remarque que le pays qui paie le plus par mois n'est pas celui qui paie le plus longtemps, et qu'aucun des deux n'est celui que la plupart des gens citeraient en premier.

Un pourcentage de quoi ? Trois grandeurs différentes

C'est là que la plupart des comparaisons dérapent. La France applique son taux à un salaire journalier de référence construit sur le brut : les salaires bruts des 24 derniers mois divisés par le nombre de jours calendaires de cette période. Sur 42 000 € par an, cela fait 84 000 € sur 730 jours, soit 115,07 € par jour. L'allocation est alors le montant le plus favorable entre 40,4 % de ce salaire majorés d'une partie fixe de 13,18 €, et 57 % de ce salaire, avec un plancher de 32,13 € et un plafond de 75 % du salaire de référence. La partie fixe et le montant minimal sont à ces niveaux depuis le 1er juillet 2025 et n'ont pas été revalorisés au 1er juillet 2026, faute de majorité au conseil d'administration de l'Unédic réuni le 30 juin 2026. Ici, 40,4 % plus la partie fixe donnent 59,67 € et 57 % donnent 65,59 € : la réponse est donc 65,59 € par jour, soit 1 967,67 € pour un mois de trente jours.

L'Allemagne applique son taux à un net forfaitaire, et cela change tout. Le paragraphe 149 du troisième livre du code social fixe le taux à 60 %, ou 67 % pour un allocataire ayant au moins un enfant au sens fiscal. Mais l'assiette est le Leistungsentgelt, défini par le paragraphe 153 comme la rémunération journalière soumise à cotisation diminuée de trois abattements : un forfait social de 20 % — forfaitaire depuis le 1er janvier 2019 —, l'impôt sur les salaires résultant de la classe fiscale enregistrée au début de l'année d'ouverture du droit, et la contribution de solidarité. Sur notre profil, la rémunération journalière cotisée est de 115,07 €, largement sous le plafond de cotisation 2026 de 8 450 € par mois fixé par le règlement sur les valeurs de référence de la sécurité sociale. La seule étape des 20 % la ramène à 92,05 €. Soixante pour cent de ce montant font 55,23 € par jour, soit 1 656,99 € pour un mois de trente jours — et c'est un plafond, non un versement : l'étape fiscale ne fait que soustraire, et chaque euro d'impôt journalier coûte soixante centimes d'allocation journalière. C'est le seul chiffre de cet article qui ne peut être donné exactement sans préciser une classe fiscale, car l'impôt se calcule avec le programme que publie chaque année le ministère des finances — et un changement intervient en 2026 : la composante chômage du forfait de prévoyance s'applique aux droits nés à compter du 1er janvier 2026.

L'Espagne applique son taux ni au brut ni au net : elle utilise la base reguladora, que l'article 270 du texte refondu de la loi générale de sécurité sociale définit comme la moyenne de la base de cotisation chômage des 180 derniers jours, heures supplémentaires exclues. Cette base est elle-même plafonnée — 5 101,20 € par mois depuis le 1er janvier 2026 selon l'arrêté de cotisation de l'année — et elle intègre déjà la quote-part des gratifications annuelles. Sur 42 000 € par an, la base mensuelle est de 3 500 € quel que soit le nombre de mensualités, donc la base journalière est de 116,67 €. Soixante-dix pour cent de ce montant feraient 2 450 € par mois. L'allocataire touchera 1 225 €, à cause du plafond décrit trois sections plus bas.

La fonction durée : trois quarts, un demi, un tiers

Les trois pays font de la durée une fonction de l'historique de cotisation, mais la fonction n'a pas la même forme et, une fois la présentation écartée, pas la même pente. La France est la continue : la durée en jours est égale au nombre de jours calendaires d'affiliation dans la période de référence multiplié par 0,75, coefficient applicable aux contrats se terminant à compter du 1er février 2023. Trois jours indemnisés pour quatre jours couverts. Le minimum est de 182 jours, et la durée maximale notifiée est de 548 jours avant 55 ans, 685 jours à 55 et 56 ans et 822 jours à 57 ans et plus — des seuils relevés de deux ans le 1er avril 2025. Comme la période de référence est de 24 mois, deux ans de travail ininterrompu placent déjà à 547,5 jours, c'est-à-dire au plafond : en France, l'ancienneté au-delà de deux ans n'achète rien.

L'Allemagne est un escalier grossier, à pente plus faible. Le paragraphe 147 verse six mois pour douze mois d'emploi assuré, huit pour seize, dix pour vingt et douze pour vingt-quatre : un jour pour deux. La fenêtre de décompte est un Rahmenfrist de 30 mois, si bien que rien de plus ancien n'est atteignable, et le maximum de douze mois ne s'élève qu'avec l'âge — quinze mois à cinquante ans, dix-huit à cinquante-cinq, vingt-quatre à cinquante-huit, chacun exigeant les trente, trente-six ou quarante-huit mois de couverture correspondants. L'Espagne est aussi un escalier, par blocs de 180 jours : 360 jours de cotisation achètent 120 jours d'allocation, et chaque tranche de 180 jours supplémentaires en achète 60 de plus, jusqu'à 720 jours à 2 160 jours cotisés, le tout mesuré dans une fenêtre de six ans. Un jour indemnisé pour trois cotisés, en tout point de l'échelle.

Mets les trois pentes côte à côte et les choix de conception apparaissent. La France est la plus généreuse par jour travaillé et la plus rapide à atteindre son plafond ; c'est aussi la seule des trois à disposer d'un mécanisme d'allongement en cas de dégradation du marché du travail, un complément de fin de droits pouvant atteindre 182 jours avant 55 ans, 228 jours à 55 et 56 ans et 273 jours à 57 ans et plus, qui restitue exactement les 25 % retirés par le coefficient. L'Espagne est la plus lente à construire et la plus longue au sommet : notre profil de cinq ans compte un peu plus de 1 800 jours de couverture, ce qui tombe dans la tranche 1 800–1 979 et donne 600 jours. L'Allemagne est au milieu pour l'accumulation et la plus courte au sommet pour toute personne de moins de cinquante ans, puisque son plafond et sa fenêtre de décompte sont tous deux atteints à deux ans.

Le plafond espagnol que personne n'anticipe

L'article 270 plafonne l'allocation à 175 % de l'indicateur public de revenu mensuel majoré d'un sixième, 200 % avec un enfant à charge et 225 % avec deux ou plus, et la plancher à 80 % sans enfant et 107 % avec. L'indicateur est à 600 € par mois depuis que la loi de finances 2023 l'y a fixé et reste la référence en 2026 : le montant majoré du sixième vaut donc 700 €, et les montants 2026 publiés par le service de l'emploi sont un maximum de 1 225 € par mois sans enfant, 1 400 € avec un et 1 575 € avec deux ou plus, et un minimum de 560 € ou 749 €. Notre profil, célibataire et sans enfant, reçoit 1 225 € par mois au lieu des 2 450 € que donnerait le pourcentage : 35 % du salaire brut mensuel, non 70 %.

La conséquence mérite d'être dite franchement, car c'est là que le système espagnol cesse d'être un pourcentage. Un allocataire sans enfant atteint le maximum dès que la base mensuelle de cotisation dépasse 1 750 € — 1 225 € divisés par 0,70 —, soit un salaire annuel de 21 000 €. Le salaire minimum 2026 est de 1 221 € par mois sur quatorze mensualités, soit 17 094 € par an et une base mensuelle de 1 424,50 € : le plafond commence donc à mordre à environ 1,23 fois le salaire minimum. Au-dessus de cette ligne, l'allocation est un forfait de 1 225 € par mois quel que soit le salaire perdu. Deux personnes à 25 000 € et à 90 000 € par an touchent exactement la même somme, et c'est la mieux payée qui cotisait depuis des années sur la base la plus large.

Cela désamorce aussi discrètement la marche dont tout le monde parle. L'article 270 verse 70 % de la base reguladora les 180 premiers jours et 60 % à partir du 181e, taux relevé de 50 % par la loi de finances 2023 avec effet au 1er janvier 2023. Mais 60 % de la base de notre profil font 2 100 € par mois, encore au-dessus du plafond de 1 225 € : la marche n'apparaît donc jamais, le versement est de 1 225 € au premier mois comme au douzième. La réduction ne devient visible, pour un allocataire sans enfant, qu'en dessous de 24 500 € de salaire annuel, seuil auquel 60 % de la base passent enfin sous le plafond. La plupart de ceux qui commentent la dégressivité espagnole ne la connaîtront jamais.

La France est celle qui réduit le versement — et seulement pour les hauts salaires

Demande lequel des trois réduit le montant dans le temps pour les hauts revenus : la plupart se trompent. C'est la France. À partir du 7e mois d'indemnisation, un coefficient de 0,7 s'applique à l'allocation journalière, à deux conditions : l'allocataire avait moins de 55 ans à la fin du contrat de travail, et l'allocation journalière dépasse 92,57 €. Le montant réduit ne peut pas non plus descendre sous 92,57 € : le plancher et le seuil de déclenchement sont le même nombre. Ce nombre est inchangé depuis le 1er juillet 2025 et n'a pas été revalorisé au 1er juillet 2026. La condition d'âge est elle-même récente : avant le 1er avril 2025, l'exonération commençait à 57 ans, et l'abaisser à 55 a ramené deux classes d'âge dans le champ de la dégressivité.

Notre profil à 42 000 € n'est pas concerné : une allocation journalière de 65,59 € reste très en dessous du seuil. Calcule où se situe le seuil et tu trouves un salaire de référence d'environ 4 940 € bruts par mois, puisque 92,57 divisé par 0,57 donne un salaire journalier de référence de 162,40 €. Prends plutôt un second profil à 7 000 € par mois. Le salaire journalier de référence est de 230,14 €, l'allocation de 131,18 € par jour — 3 935,34 € pour un mois de trente jours — et, au 7e mois, le coefficient donnerait 91,83 €, sous le plancher : le plancher s'applique donc et le versement devient 92,57 € par jour, soit 2 777,10 € par mois. Cela fait une baisse de 1 158,24 € par mois, juste sous les 30 % parce que le plancher l'a rattrapée. À titre de comparaison, l'allocation journalière maximale théorique de 2026 est de 300,21 €, soit 57 % de la limite de quatre fois le plafond de sécurité sociale, 16 020 € par mois, qui plafonne le salaire de référence.

L'Allemagne ne dégresse pas du tout : le montant journalier est le même au 1er jour et au 360e. Elle comprime plutôt par le haut, via le plafond de cotisation — la rémunération au-delà de 8 450 € par mois en 2026 n'entre jamais dans le salaire de référence, donc jamais dans l'allocation. Les trois architectures traitent donc un haut salaire de trois façons : la France paie généreusement puis coupe, l'Espagne refuse d'emblée de payer généreusement, et l'Allemagne verse une proportion constante d'une base plafonnée, moins longtemps. Aucune n'est plus honnête qu'une autre, mais une seule t'annonce la coupe dès le premier mois.

Ce qu'il faut vérifier avant de compter dessus

La manière dont l'emploi a pris fin compte davantage que le montant, et c'est là que l'on se trompe. En Allemagne, rompre soi-même le contrat ou provoquer le licenciement déclenche un délai de carence de douze semaines au titre du paragraphe 159, et le paragraphe 148 ampute alors le droit du nombre de jours bloqués et d'au moins un quart de sa durée totale — un droit de douze mois devient un droit de neuf mois, définitivement. En Espagne, la démission ne figure tout simplement pas parmi les situations légales de chômage énumérées à l'article 267, hors les cas précis du statut des travailleurs : mutation, modification substantielle des conditions de travail, manquement grave de l'employeur. En France au contraire, les paramètres de l'Unédic rangent la rupture conventionnelle, la rupture d'un commun accord dans le cadre d'un accord collectif et la démission pour projet professionnel parmi les ruptures ouvrant des droits.

Ensuite, souviens-toi que les trois chiffres de cet article sont bruts de ce que l'allocataire acquitte ensuite dessus. En France, au 1er janvier 2026, la CSG à 6,2 % et la CRDS à 0,5 % s'appliquent à 98,25 % d'une allocation supérieure à 61 € par jour, et un prélèvement de 3 % sur le salaire journalier de référence finance la retraite complémentaire dès que l'allocation dépasse 32,13 €. En Espagne, le service de l'emploi retient la part salariale de sécurité sociale et, si le total annuel l'exige, un acompte d'impôt sur le revenu. En Allemagne, l'impôt est soustrait à l'intérieur de la formule et non du versement, raison pour laquelle l'allocation arrive non imposée mais relève tout de même le taux appliqué au reste des revenus de l'année, au titre de la clause de progressivité du code des impôts. Trois endroits différents pour la même retenue, et trois bulletins d'apparence différente.

Le même profil dans trois pays : 40 ans, célibataire, sans enfant à charge, 42 000 € bruts par an, cinq ans d'emploi continu, perte d'emploi involontaire en 2026, calculé à partir des paramètres légaux en vigueur en 2026
QuestionFranceAllemagneEspagne
Le pourcentage porte surUn salaire journalier de référence construit sur le brut de 24 moisUn net forfaitaire : le brut journalier moins 20 % moins l'impôt de ta classe fiscaleLa base de cotisation moyenne des 180 derniers jours, heures supplémentaires exclues
Le tauxLe plus favorable entre 40,4 % plus 13,18 € par jour et 57 %, plancher 32,13 €, plafond 75 % du salaire de référence60 %, ou 67 % avec au moins un enfant70 % les 180 premiers jours, 60 % à partir du 181e (60 % depuis le 1er janvier 2023, auparavant 50 %)
Jours indemnisés par jour de couvertureTrois quarts, sur une fenêtre de 24 mois (36 mois à partir de 55 ans)Un demi, sur une fenêtre de 30 moisUn tiers, sur une fenêtre de six ans
Durée maximale pour ce profil548 jours, 18 mois — le plafond avant 55 ans, atteint à deux ans de travail360 jours, 12 mois — le plafond avant 50 ans, atteint à deux ans d'assurance600 jours, 20 mois — au titre de la tranche 1 800 à 1 979 jours cotisés
Montant mensuel, brut des retenues de l'allocataire1 967,67 €, à partir d'une allocation journalière de 65,59 €Au plus 1 656,99 €, à partir d'un plafond journalier de 55,23 € avant l'étape fiscale1 225 € — le maximum légal, et non 70 % de la base
Ce qui le limiteUne baisse de 30 % au 7e mois au-dessus d'une allocation journalière de 92,57 €, avec 92,57 € comme plancher, avant 55 ans seulementLe plafond de cotisation 2026 de 8 450 € par mois ; aucune réduction dans le tempsUn maximum ferme de 1 225 € par mois sans enfant, qui mord dès environ 21 000 € par an
Total sur l'ensemble du droitEnviron 35 943 €Au plus environ 19 884 €24 500 €

Exemple calculé avec notre outil

Calculateur salaire brut/net

Données

Pays
Allemagne
Salaire brut annuel
90 000,00 €
Statut (France)
Cadre

Résultat

Cotisations sociales
16 898,63 €
Impôt sur le revenu
17 208,94 €
Net annuel
55 892,44 €
Net mensuel
4 657,70 €

Ces chiffres sont produits par le calculateur ci-dessous, pas saisis à la main — ils sont recalculés à chaque évolution de l'outil.

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Questions fréquentes

Lequel des trois paie réellement le plus ?
Pour ce profil, la France, largement — environ 35 943 € sur 548 jours contre 24 500 € en Espagne sur 600 jours et au plus 19 884 € en Allemagne sur 360 jours. Mais le classement n'est pas stable selon le salaire, et c'est là l'intérêt. En dessous d'environ 21 000 € par an, le plafond espagnol cesse de mordre et le pourcentage espagnol se met vraiment à travailler. Au-dessus d'environ 4 940 € par mois, la réduction française du 7e mois commence à ronger l'avantage français. Et l'Espagne l'emporte sur la durée à tous les niveaux de salaire dès qu'on dépasse environ cinq ans de cotisation, puisque son barème continue de grimper jusqu'à 720 jours là où la France s'arrête à 548 et l'Allemagne à 360. Classe-les sur le total perçu à ton salaire, pas sur le pourcentage affiché.
Démissionner me prive-t-il de l'allocation dans les trois pays ?
Non, et les trois réponses sont structurellement différentes. En Allemagne, tu conserves le droit mais perds du temps et de l'argent : un délai de carence de douze semaines au titre du paragraphe 159, et le droit lui-même diminue d'au moins un quart de sa durée au titre du paragraphe 148 — douze mois deviennent neuf. En Espagne, tu n'as en général aucun droit, la démission ne figurant pas parmi les situations légales de chômage de l'article 267 : les exceptions sont les cas du statut des travailleurs, mutation géographique, modification substantielle des conditions de travail et manquement grave de l'employeur. La France est la plus ouverte des trois : les paramètres de l'Unédic rangent la rupture conventionnelle, la rupture d'un commun accord prévue par un accord collectif et la démission pour projet professionnel parmi les ruptures ouvrant droit, aux côtés de tout licenciement.
Pourquoi mon collègue allemand au même salaire touche-t-il un montant différent ?
Parce que la formule allemande soustrait l'impôt avant d'appliquer le pourcentage, et que cet impôt dépend de ta classe fiscale, non de ton emploi. Le paragraphe 153 retient la classe enregistrée au début de l'année civile d'ouverture du droit : un changement opéré en novembre affecte donc un droit ouvert en janvier suivant, et non un droit ouvert en décembre. Le taux lui-même bouge aussi : 67 % au lieu de 60 % si toi ou ton conjoint avez au moins un enfant au sens fiscal. Et un paramètre change en 2026 : la composante chômage du forfait de prévoyance entre dans l'étape fiscale pour les droits nés à compter du 1er janvier 2026, ce qui modifie légèrement l'abattement et donc le versement. La France et l'Espagne n'ont rien d'équivalent : deux collègues français au même salaire de référence touchent la même allocation quelle que soit leur situation familiale, et en Espagne la situation familiale ne déplace que le plafond et le plancher.
La baisse espagnole de 70 % à 60 % se voit-elle vraiment un jour ?
Seulement aux salaires plus bas. Le plafond pour un allocataire sans enfant à charge est de 1 225 € par mois en 2026, et 60 % de la base reguladora ne passent sous ce plafond que si la base mensuelle de cotisation est inférieure à 2 041,67 €, soit un salaire annuel de 24 500 €. Au-dessus de cette ligne, les deux phases sont plafonnées au même montant de 1 225 € et la réduction est invisible. En dessous d'environ 21 000 € par an, le plafond cesse totalement de mordre et les deux phases redeviennent de vrais pourcentages : c'est la plage où la marche se ressent pleinement. Note aussi que le chiffre de 60 % est lui-même récent : il était de 50 % jusqu'à ce que la loi de finances 2023 le relève avec effet au 1er janvier 2023, si bien que tout guide antérieur cite une valeur périmée.
Combien d'ancienneté faut-il avant que l'un de ces systèmes ne verse quoi que ce soit ?
La France demande le moins : 130 jours travaillés ou 910 heures sur les 24 derniers mois, ou 36 mois à partir de 55 ans, soit environ six mois de travail à temps plein, qui ouvrent le droit minimal de 182 jours. L'Allemagne demande douze mois d'emploi assuré dans une période de référence de 30 mois, et verse six mois pour cela. L'Espagne demande 360 jours de cotisation sur les six dernières années et verse 120 jours pour cela. Le ticket d'entrée double donc à peu près de la France à l'Allemagne, et ce qu'il achète par jour se divise encore : six mois de travail français achètent six mois d'allocation, douze mois de travail allemand en achètent six, douze mois de travail espagnol en achètent quatre. Si ton parcours est discontinu, la forme de la fenêtre compte autant que le total : l'Espagne regarde six ans en arrière, l'Allemagne trente mois seulement, et la France vingt-quatre.

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Sources

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