Épargne réglementée, fonds en euros ou compte à terme : le classement s'inverse deux fois
Publié le 04/08/2026 · 19 min de lecture · Calculateurs finance
Camille Laurent — Rédactrice Finance chez Allin
Fiscalité · Finances personnelles
Vérifié à partir de 6 sources
Note-les sur les quatre mêmes critères et le classement change deux fois. Au taux affiché : fonds en euros 2,6 % (moyenne de marché 2025, France Assureurs), compte à terme 2,03 % (production nouvelle de la zone euro jusqu'à un an, juin 2026, Banque centrale européenne), Livret A 1,7 % (depuis le 1er août 2026), et LEP 2,5 % pour qui y a droit. Après impôt, les deux du milieu s'échangent : le fonds en euros laisse 2,153 %, le Livret A et le LEP laissent leurs 1,7 % et 2,5 % entiers puisqu'ils sont exonérés d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux, et le compte à terme ne laisse que 1,393 % une fois pris le forfait 2026 de 31,4 %. Après inflation — 2,4 % en France en juillet 2026 selon l'estimation rapide d'Eurostat — tout sauf le LEP perd de l'argent en termes réels : le LEP rapporte environ +0,10 %, le fonds en euros environ -0,24 %, le Livret A environ -0,68 % et le compte à terme environ -0,98 %. Le mécanisme de la première inversion est précis et daté : le taux des prélèvements sociaux sur les produits de placement à revenu fixe est passé de 17,2 % à 18,6 % le 1er janvier 2026, la CSG sur ces produits passant de 9,2 % à 10,6 % (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025, aujourd'hui à l'article L136-8 du code de la sécurité sociale), tandis que le IV du même article a maintenu 9,2 % pour une liste qui inclut les contrats d'assurance-vie et de capitalisation. Un compte à terme fiscalisé doit donc désormais servir 2,478 % brut pour égaler un Livret A à 1,7 %, contre 2,429 % sous l'ancien taux. Ce qui renverserait le verdict : une inflation sous 1,7 %, qui remettrait le Livret A en territoire réel positif ; un taux de compte à terme au-dessus de 2,478 %, que certaines banques proposent en promotion ; ou un épargnant ayant déjà rempli le plafond de 22 950 € du Livret A et n'ayant plus d'enveloppe exonérée disponible.
Le produit affichant le deuxième taux le plus élevé finit dernier, et la raison est une réforme fiscale entrée en vigueur en janvier 2026. Les trois véhicules d'épargne français notés sur des critères identiques : taux, fiscalité, rendement net, rendement réel, et ce que chacun coûte en liquidité.
Trois taux, trois dates, trois autorités différentes
Avant de comparer quoi que ce soit, remarque que ces trois nombres ne mesurent pas la même chose au même instant, et les traiter comme s'ils le faisaient est la première erreur. Le taux du Livret A est un prix administré : révisé deux fois par an, au 1er février et au 1er août, à partir d'une formule fondée sur l'inflation hors tabac et les taux courts de la zone euro, proposé par le gouverneur de la Banque de France et arrêté par le ministre. Il est passé de 1,5 % à 1,7 % le 1er août 2026, et le LEP a été maintenu à 2,5 %, selon le communiqué du ministère du 15 juillet 2026. Le taux des comptes à terme est un prix de marché, publié chaque mois : la publication de la Banque centrale européenne du 31 juillet 2026 situait à 2,03 % les nouveaux dépôts des ménages de la zone euro à échéance jusqu'à un an. Le chiffre du fonds en euros n'est ni l'un ni l'autre : c'est une moyenne rétrospective de ce que les assureurs ont réellement servi sur une année close, 2,6 % pour 2025 dans le bilan annuel de France Assureurs publié le 27 janvier 2026.
Cette différence conditionne le poids que chaque nombre peut porter. Le taux du Livret A est le seul des trois que tu es certain de percevoir : il est identique dans toutes les banques, garanti jusqu'à la prochaine révision, et non négociable. Le taux des comptes à terme est une moyenne autour de laquelle les offres individuelles se dispersent largement, et un taux promotionnel sur argent frais est une exception courante et parfaitement réelle. Le chiffre du fonds en euros est une moyenne passée sur tout le marché, et la dispersion autour est énorme : certains contrats ont servi bien moins de 2 % en 2025 et certaines mutuelles plus de 3,5 %. Personne ne se voit promettre la moyenne, et le seul nombre qui te concerne est celui de ton propre relevé.
Première inversion : une réforme fiscale datée du 1er janvier 2026
Les intérêts d'un compte à terme sont taxés en France à un taux forfaitaire en deux parties : 12,8 % d'impôt sur le revenu et un bloc de prélèvements sociaux. Ce bloc valait 17,2 % — CSG à 9,2 %, CRDS à 0,5 % et prélèvement de solidarité à 7,5 % — d'où le fameux chiffre de 30 %. La loi de financement de la sécurité sociale pour 2026, loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025, a porté la CSG sur les revenus du capital et de placement à 10,6 %, ce qui amène le bloc à 18,6 % et le forfait à 31,4 %. Le texte en vigueur de l'article L136-8 du code de la sécurité sociale, dans sa version applicable au 27 juin 2026, fixe bien 10,6 % comme taux des contributions des articles L136-6 et L136-7, là où se rangent les dépôts.
Le détail qui produit l'inversion est l'exception. Le IV du même article maintient le taux à 9,2 % pour une liste fermée de revenus, et l'un de ses postes est le produit des bons ou contrats de capitalisation et placements de même nature visés à l'article 125-0 A du code général des impôts — c'est-à-dire l'assurance-vie et le fonds en euros qu'elle contient. Depuis 2026, un fonds en euros supporte donc 17,2 % de prélèvements sociaux quand un compte à terme en supporte 18,6 %, et l'écart entre les deux s'est creusé de 1,4 point du jour au lendemain sans qu'aucun taux affiché ne bouge. Sur le compte à terme à 2,03 %, cela vaut 2,84 € par an pour 10 000 € — autant dire rien, et c'est effectivement rien. Mais cela a déplacé la barre qu'un dépôt fiscalisé doit franchir pour battre un Livret A défiscalisé, de 2,429 % à 2,478 %, et le taux de marché n'est proche ni de l'une ni de l'autre.
Deuxième inversion : ce que l'inflation fait aux quatre
L'inflation annuelle française était de 2,4 % en juillet 2026 selon l'estimation rapide d'Eurostat du 31 juillet 2026, contre 2,9 % pour l'ensemble de la zone euro. Applique-la correctement — divise un plus le taux net par un plus l'inflation plutôt que de soustraire, la soustraction étant une approximation qui dérive d'environ une année d'inflation multipliée par le taux réel, et qui mérite un sujet à elle seule — et les quatre rendements réels sont : LEP +0,10 %, fonds en euros -0,24 %, Livret A -0,68 %, compte à terme -0,98 %. Sur 10 000 € placés cinq ans à ces taux, en supposant le taux et l'inflation inchangés, le Livret A te laisse 10 879 € qui achètent ce qu'achètent 9 663 € aujourd'hui, le fonds en euros 11 124 € qui achètent 9 880 €, et le compte à terme 10 716 € qui achètent 9 518 €. Seul le LEP finit devant, à 11 314 € nominaux pour 10 049 € de pouvoir d'achat.
Deux conséquences en découlent, qu'il faut soigneusement distinguer. La première : un rendement réel négatif n'est pas un argument pour ne rien faire. De l'argent laissé sur un compte courant rapporte zéro et perd les 2,4 % entiers ; un Livret A qui perd 0,68 % reste presque deux points meilleur que l'option par défaut de la plupart des gens. La seconde : le classement ci-dessus est un instantané d'un relevé d'inflation d'un seul mois, et l'inflation est le terme le plus volatil de tout le calcul. Sous 1,7 % d'inflation, le Livret A revient seul en territoire réel positif, sans qu'aucun taux bouge ; au-dessus de 2,153 %, le fonds en euros passe en négatif. Le taux d'inflation d'équilibre de chaque produit est tout simplement son taux net, ce qui en fait la sensibilité la plus facile à calculer en finance personnelle et la plus rarement énoncée.
Les contraintes que les taux ne montrent pas
Les plafonds décident davantage que les taux, et c'est pourquoi la plupart des foyers finissent par détenir les trois. Le Livret A accueille 22 950 € pour une personne, le LDDS 12 000 et le LEP 10 000, tous trois exonérés d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux, tous trois disponibles à vue — mais le LEP exige en outre un revenu fiscal de référence sous un seuil fixé chaque année, 23 028 € pour une part en métropole en 2026. Une fois ces enveloppes pleines, l'exonération n'est disponible à aucun prix et la question devient vraiment fonds en euros contre compte à terme : c'est là que la comparaison fiscale ci-dessus commence à compter.
La disponibilité diffère en nature, pas seulement en degré, et les deux produits qui ne sont pas des livrets méritent qu'on lise les petits caractères. Un compte à terme est contractuellement bloqué pour sa durée ; une sortie anticipée est généralement possible, mais à un taux réduit inscrit au contrat, ce qui peut annuler l'avantage de rendement qui motivait le dépôt. L'assurance-vie est rachetable à tout moment selon le code des assurances, mais deux choses nuancent cela : l'horloge des huit ans, après laquelle les rachats dans la limite de l'abattement annuel de 4 600 € pour une personne seule ou 9 200 € pour un couple échappent à l'impôt sur le revenu et le taux sur le reste tombe à 7,5 % pour les primes jusqu'à 150 000 € ; et l'article L631-2-1 du code monétaire et financier, qui permet au Haut Conseil de stabilité financière de limiter temporairement le paiement des valeurs de rachat pour trois mois au plus, renouvelables, avec un butoir à six mois consécutifs. Ce pouvoir n'a jamais été utilisé, et il reste la raison pour laquelle l'assurance-vie ne remplace pas une épargne de précaution.
À quoi ressemble la même question hors de France
La structure de la comparaison française est singulière sur un point précis : elle comporte un instrument exonéré à la fois d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux, ce qui rend un livret à 1,7 % compétitif face à un dépôt à 2,03 %. La plupart des voisins n'ont rien de tel, et leur version de la question est simplement une course entre taux bruts moins un prélèvement. En Allemagne, les revenus de l'épargne sont taxés à 25 % d'Abgeltungsteuer plus un supplément de solidarité de 5,5 % de cet impôt, soit environ 26,375 % au total, mais les 1 000 premiers euros de revenus de capitaux par an — 2 000 pour un couple imposé conjointement — sont couverts par le Sparer-Pauschbetrag et échappent entièrement, ce qui pour de petits encours fonctionne comme une exonération et pour de gros encours non.
L'Espagne taxe les revenus de l'épargne sur une base d'épargne progressive plutôt qu'à taux unique : les tranches 2026 sont de 19 % sur les 6 000 premiers euros, 21 % de 6 000 à 50 000, 23 % de 50 000 à 200 000, 27 % jusqu'à 300 000 et 30 % au-delà, le taux supérieur étant passé de 28 % à 30 % à compter de l'exercice 2025. L'Italie applique une imposta sostitutiva de 26 % aux intérêts de dépôt mais de 12,5 % seulement aux titres d'État et à l'épargne postale, ce qui fait de l'analogue italien le plus proche du livret exonéré français une préférence fiscale pour le prêt à l'État plutôt qu'un plafond de produit. Le Portugal retient de même sur les intérêts à un taux fixé par son propre code de l'impôt sur le revenu. La leçon structurelle est partout la même : compare après le prélèvement qui te concerne réellement, et compare à l'inflation mesurée chez toi, qui en juillet 2026 allait de 2,4 % en France à 3,8 % en Espagne selon l'estimation rapide d'Eurostat. Un taux confortablement positif en termes réels dans un État membre est négatif dans un autre le même jour.
Le verdict, et les trois choses qui le changeraient
Pour l'argent dont tu pourrais avoir besoin d'ici un an ou deux, les livrets exonérés gagnent nettement : disponibilité immédiate, aucune fiscalité, aucun contrat, aucun risque de marché, et un taux fixé par formule plutôt que par un service marketing. Remplis d'abord le LEP si tu y as droit, puisque c'est le seul produit de cette comparaison à rendement réel positif en juillet 2026, puis le Livret A et le LDDS. Pour l'argent dont tu es certain de ne pas avoir besoin avant huit ans ou plus, un fonds en euros établi au sein d'un contrat d'assurance-vie est la meilleure des deux options fiscalisées aux taux de 2026, parce qu'il laisse 2,153 % contre 1,393 % pour un compte à terme à la moyenne de marché, et parce que le régime des huit ans réduit ensuite encore l'impôt sur les rachats. Le compte à terme finit dernier sur tous les critères du tableau sauf un : c'est le seul dont le taux est garanti contractuellement pour une durée annoncée, ce qui est un vrai atout si tu adosses une dépense future connue à une date connue.
Trois évolutions changeraient ce classement, et toutes trois sont observables plutôt que spéculatives. Si l'inflation française passe sous 1,7 %, le Livret A cesse de perdre du pouvoir d'achat et toute la comparaison perd son urgence. Si une banque propose un compte à terme au-dessus de 2,478 % brut — le niveau auquel le forfait de 31,4 % laisse encore plus qu'un 1,7 % défiscalisé — le dépôt bat le livret pour de l'argent que tu peux réellement bloquer, et des taux promotionnels de ce niveau existent. Et si le taux du Livret A baisse à la prochaine révision du 1er février 2027, que la formule déterminera à partir de l'inflation et des taux courts du semestre précédent, tous les nombres ci-dessus bougent d'un coup. Quel que soit le sens, la discipline qui compte est de noter les options sur les quatre mêmes lignes : taux, fiscalité, net, réel. La plupart des comparaisons publiées s'arrêtent après la première.
| Critère | Livret A et LDDS | LEP | Fonds en euros en assurance-vie | Compte à terme |
|---|---|---|---|---|
| Taux affiché, et quand il a été fixé | 1,7 %, depuis le 1er août 2026 | 2,5 %, maintenu au 1er août 2026 | 2,6 % de moyenne de marché pour 2025, nets de frais de gestion | 2,03 % de moyenne zone euro sur la production nouvelle jusqu'à un an, juin 2026 |
| Fiscalité en 2026 | aucune — exonéré d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux | aucune — même exonération, plus une condition de revenu à l'ouverture | 17,2 % de prélèvements sociaux prélevés chaque année ; impôt sur le revenu au seul rachat, 7,5 % après huit ans dans la limite de 150 000 € de primes | 31,4 % de forfait — 12,8 % d'impôt sur le revenu plus 18,6 % de prélèvements sociaux depuis le 1er janvier 2026 |
| Taux net | 1,700 % | 2,500 % | 2,153 % | 1,393 % |
| Rendement réel à 2,4 % d'inflation | -0,68 % | +0,10 % — le seul positif | -0,24 % | -0,98 % |
| 10 000 € pendant cinq ans, en pouvoir d'achat d'aujourd'hui | 9 663 € — une perte de 337 € | 10 049 € — un gain de 49 € | 9 880 € — une perte de 120 € | 9 518 € — une perte de 482 € |
| Plafond et disponibilité | 22 950 € et 12 000 € respectivement ; retirable à tout instant | 10 000 € ; retirable à tout instant, mais un revenu fiscal de référence sous 23 028 € pour une part en 2026 est requis pour le détenir | aucun plafond ; rachetable à tout moment, sous réserve de l'horloge fiscale des huit ans et du pouvoir du superviseur de limiter les rachats jusqu'à six mois consécutifs | aucun plafond ; bloqué pour la durée, sortie anticipée à un taux réduit inscrit au contrat |
| Ce qui changerait le verdict | une inflation sous 1,7 %, ou une baisse à la révision du 1er février 2027 | la perte du droit, la condition de revenu étant revérifiée | le taux de ton propre contrat plutôt que la moyenne de marché, qui s'étend de bien moins de 2 % à plus de 3,5 % | un taux brut promotionnel au-dessus de 2,478 %, niveau auquel le forfait laisse encore plus qu'un 1,7 % défiscalisé |
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Questions fréquentes
- Comment un dépôt qui rapporte plus que le Livret A peut-il me laisser moins ?
- Parce que l'un des deux est fiscalisé et l'autre non. Un dépôt à 2,03 % brut en conserve 68,6 % après le forfait 2026 de 31,4 %, soit 1,393 % ; le Livret A conserve la totalité de ses 1,7 % puisque ses intérêts sont exonérés d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux. Le seuil est facile à retenir et mérite d'être gardé en tête : divise le taux du livret par 0,686 et tu obtiens le taux brut qu'un produit fiscalisé doit battre — 1,7 % devient 2,478 %. Tout ce qui est en dessous, si beau que ce soit en vitrine, te laisse moins.
- La fiscalité de l'épargne a-t-elle vraiment changé en 2026 ?
- Oui, et discrètement. La loi de financement de la sécurité sociale pour 2026, loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025, a porté la CSG sur les revenus du capital et de placement de 9,2 % à 10,6 %, faisant passer tout le bloc des prélèvements sociaux de 17,2 % à 18,6 % et le fameux forfait de 30 % à 31,4 %. L'article L136-8 du code de la sécurité sociale, dans sa version en vigueur, porte à la fois le nouveau taux de 10,6 % et un IV qui maintient 9,2 % pour une liste fermée incluant les revenus fonciers, les contrats d'assurance-vie et de capitalisation et certains produits réglementés. Tout ce qui était déjà exonéré — Livret A, LDDS, LEP — n'est pas touché, parce qu'une exonération n'est pas un taux.
- Les 2,6 % du fonds en euros sont-ils garantis ?
- Non, et cette distinction est la plus importante de tout l'article. Ce chiffre est ce que le marché français a servi en moyenne au titre de l'année civile 2025, publié après coup ; ce n'est pas un taux promis à quiconque en début d'année et ce n'est pas un taux promis pour 2026. Ce qu'un fonds en euros garantit, c'est le capital, au sens où le montant crédité ne peut plus être repris — l'effet cliquet — sous réserve de la solvabilité de l'assureur et des frais du contrat. La dispersion entre contrats est très large : le seul nombre qui décrit ta situation est celui de ton propre relevé annuel, et les frais qui en sont retirés figurent dans tes propres conditions contractuelles.
- Si tout perd de l'argent en termes réels, faut-il prendre plus de risque ?
- C'est une autre question, et la réponse honnête est que cela dépend de l'horizon, pas du rendement réel du moment. Les produits comparés ici sont les bons outils pour de l'argent à horizon court ou inconnu : ils sont liquides, certains en capital nominal et n'exigent aucun timing. Un petit rendement réel négatif est le prix de cette certitude, et le payer sciemment pour une épargne de précaution n'est pas une erreur. Là où un rendement réel négatif plaide pour autre chose, c'est pour de l'argent à horizon long sans besoin identifié — précisément l'argent qui n'avait rien à faire sur un livret. Mais les alternatives comportent la possibilité de perdre du capital en termes nominaux, ce qu'aucun des quatre produits ici ne fait, et c'est un risque de nature différente, pas une dose plus forte du même.
- Vaut-il la peine d'ouvrir un contrat d'assurance-vie maintenant juste pour lancer l'horloge des huit ans ?
- L'horloge court à compter de la date d'ouverture du contrat, non de la date de chaque versement : ouvrir tôt avec une petite somme la lance donc bien. Que cela vaille la peine dépend de deux choses que la pratique oublie d'ordinaire. D'abord, l'avantage des huit ans vaut 5,3 points d'impôt sur le revenu sur le gain — 7,5 % au lieu de 12,8 % — plus un abattement annuel de 4 600 € pour une personne seule, ce qui sur de petites sommes ne représente presque rien en valeur absolue. Ensuite, un contrat a des frais courants, et un contrat dormant avec frais d'entrée ou de gestion peut coûter discrètement plus que l'impôt futur qu'il économise. Lis la grille de frais avant d'ouvrir, et préfère un contrat sans frais d'entrée si le seul but aujourd'hui est de lancer une horloge.
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Ceci est une explication générale du fonctionnement d'un calcul, et non un conseil financier, fiscal ou en investissement. Chaque taux, plafond et seuil est donné avec l'année à laquelle il s'applique et le texte qui le fixe, parce que ces chiffres sont révisés — certains chaque année, d'autres en cours d'année. Les exemples chiffrés reposent sur des hypothèses annoncées qui ne correspondront ni à ton devis, ni à ton contrat, ni à ta situation fiscale, et les rendements passés ne promettent rien. Vérifie tout chiffre auprès de la source citée et prends l'avis d'un professionnel qualifié avant d'engager de l'argent.
Sources
- Ministère de l'Économie et des Finances — Press release of 15 July 2026 — the Livret A and LDDS rate raised to 1.7 % from 1 August 2026 and the LEP maintained at 2.5 %
- Service-Public — Livret A — the 22 950 ceiling, the 1.7 % rate applying from 1 August 2026 to 31 January 2027, and the exemption from income tax and social contributions
- Légifrance — Article L136-8 du code de la sécurité sociale (version in force 27 June 2026) — CSG at 10.6 % on the contributions of Articles L136-6 and L136-7, and the paragraph IV list kept at 9.2 %
- European Central Bank — Euro area bank interest rate statistics: June 2026 (published 31 July 2026) — 2.09 % composite and 2.03 % up-to-one-year on new household deposits with agreed maturity
- Eurostat — Flash estimate of 31 July 2026 — euro-area annual inflation of 2.9 % in July 2026, with France at 2.4 %, Germany 2.8 %, Italy 2.9 %, Portugal 3.1 % and Spain 3.8 %
- France Assureurs — Annual life-insurance review published 27 January 2026 — the 2025 average revaluation of euro funds, net of management fees and before social contributions and income tax
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