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Les trimestres ou les points qui te manquent, et ce que chacun vaut réellement

Publié le 31/07/2026 · 16 min de lecture · Calculateurs finance

Camille Laurent

Camille LaurentRédactrice Finance chez Allin

Fiscalité · Finances personnelles

Vérifié à partir de 6 sources

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En bref

En France, un trimestre n'est pas trois mois de travail — c'est un seuil de rémunération. L'article R351-9 du code de la sécurité sociale valide un trimestre par multiple de 150 fois le SMIC horaire en vigueur au 1er janvier de l'année, dans la limite de quatre trimestres par année civile : avec le SMIC horaire à 12,02 € au 1er janvier 2026 (décret n° 2025-1228 du 17 décembre 2025), cela fait 1 803 € pour un trimestre et 7 212 € pour une année pleine. Combien il en faut est à l'article L161-17-3, et le tableau a changé le 31 décembre 2025 : la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 a gelé la montée en charge de la réforme de 2023, si bien que la durée requise est désormais de 169 trimestres pour les assurés nés entre le 1er septembre 1961 et 1962, 170 pour ceux nés de 1963 au 31 mars 1965, 171 pour ceux nés entre le 1er avril et le 31 décembre 1965, et 172 pour ceux nés à partir du 1er janvier 1966, pour les pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026. Un trimestre manquant fait alors mal deux fois. L'article R351-27 applique un coefficient de minoration de 1,25 % par trimestre retenu au taux plein de 50 %, et séparément la pension est proratisée par le rapport entre trimestres acquis et trimestres requis. Calculé sur un salaire annuel moyen de 30 000 € avec 172 trimestres requis : une carrière complète donne 15 000 € par an, quatre trimestres de moins donnent 13 918,60 € — une perte de 1 081,40 € par an, soit 7,21 %. Passer de quatre trimestres manquants à trois vaut 267,08 € par an, dont 183,14 € viennent du taux et 83,94 € de la proratisation. L'Allemagne tient en une étape : un Entgeltpunkt, c'est une année de salaire au niveau du salaire moyen, provisoirement 51 944 € pour 2026, et chaque point verse la valeur du point de 42,52 € par mois à compter du 1er juillet 2026, soit 510,24 € par an. Au taux de cotisation de 18,6 %, un point coûte 9 661,58 € de cotisations : la cotisation entière met 18,9 années de pension à être récupérée, et la moitié salariale 9,5.

Un trimestre manquant en France coûte deux fois, par deux mécanismes distincts dont la plupart des explications ne citent qu'un seul. Un point allemand est une seule étape arithmétique et bien plus facile à chiffrer. Les deux se calculent, et les paramètres 2026 ont plus bougé que d'habitude.

En France, un trimestre est un seuil de rémunération, pas une durée

Le mot induit tout le monde en erreur une fois. L'article R351-9 du code de la sécurité sociale valide autant de trimestres que la rémunération cotisée de l'année représente de multiples de 150 heures au SMIC horaire en vigueur au 1er janvier de cette année, dans la limite de quatre par année civile. Le SMIC horaire étant fixé à 12,02 € à compter du 1er janvier 2026 par le décret n° 2025-1228 du 17 décembre 2025, cela fait 1 803 € de rémunération brute cotisée pour un trimestre et 7 212 € pour quatre. Rien dans cette règle ne regarde le calendrier. Un seul mois bien payé en mars peut valider quatre trimestres pour toute l'année, et une année de temps très partiel étalée sur douze mois peut n'en valider qu'un, ou aucun.

Les conséquences pratiques jouent dans les deux sens. Qui enchaîne chaque année un contrat court bien payé se constitue une carrière complète sans travailler à temps plein. Qui enchaîne un contrat long faiblement payé perd des trimestres sans jamais avoir cessé de travailler — et la perte est silencieuse, car rien sur un bulletin de paie ne l'annonce. C'est aussi pourquoi le plafond compte : aucun surcroît de rémunération n'achète un cinquième trimestre dans une année, si bien qu'un très haut salaire une année ne peut pas compenser une année à zéro. Les carrières faites de travail intermittent et peu rémunéré sont celles qui arrivent à l'âge de la retraite avec un trou que personne n'a signalé.

Combien il en faut — et pourquoi tout tableau écrit avant 2026 est faux

La réforme de 2023 avait tracé un calendrier relevant à la fois l'âge légal et la durée requise, génération par génération. La loi de financement de la sécurité sociale pour 2026, adoptée le 30 décembre 2025, a gelé cette montée en charge. L'article L161-17-3, dans sa version en vigueur depuis le 31 décembre 2025, exige désormais 167 trimestres pour les assurés nés entre 1958 et 1960, 168 pour ceux nés entre le 1er janvier et le 31 août 1961, 169 pour ceux nés entre le 1er septembre 1961 et 1962, 170 pour ceux nés de 1963 au 31 mars 1965, 171 pour ceux nés entre le 1er avril et le 31 décembre 1965, et 172 pour ceux nés à partir du 1er janvier 1966. Ces chiffres s'appliquent aux pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026.

L'âge légal a bougé avec elle. L'article L161-17-2, également dans sa version en vigueur depuis le 31 décembre 2025, fixe 64 ans pour les assurés nés à compter du 1er janvier 1969, et en dessous une échelle progressive : 62 ans et 3 mois pour ceux nés entre septembre et décembre 1961, 62 ans et 6 mois pour 1962, 62 ans et 9 mois pour les générations de 1963 au premier trimestre 1965, 63 ans pour ceux nés entre avril et décembre 1965, puis 63 ans et 3, 6 et 9 mois pour 1966, 1967 et 1968. Deux conséquences. Qui planifie sur un chiffre lu en 2024 planifie sur un calendrier abrogé. Et le gel est inscrit dans le code plutôt qu'annoncé comme une politique, ce qui veut dire que la façon de vérifier sa propre situation est de lire l'article pour sa date de naissance, pas un résumé de la réforme.

Un trimestre manquant est facturé deux fois, et les deux factures ne sont pas égales

La pension de base est la moyenne des salaires des meilleures années, multipliée par un taux, multipliée par une proratisation. Le taux plein est de 50 %, et l'article R351-27 applique un coefficient de minoration de 1,25 % par trimestre retenu — retenu signifiant le plus petit entre le nombre de trimestres séparant le point de départ de la pension de l'âge du taux plein automatique et le nombre de trimestres encore manquants pour la durée requise, comparaison qui borne la minoration. Indépendamment, la pension est multipliée par le rapport entre trimestres réellement acquis et trimestres requis. Presque toutes les explications nomment l'un des deux et s'arrêtent, ce qui explique que la perte attendue soit à peu près la moitié de la perte constatée.

Calculé sur un cas concret : un salaire annuel moyen de 30 000 € et 172 trimestres requis. Une carrière complète donne 50 % de 30 000 €, proratisés 172 sur 172, soit 15 000 € par an. Quatre trimestres de moins donnent un taux de 47,5 % et une proratisation de 168 sur 172, soit 13 918,60 € — 1 081,40 € de moins, une coupe de 7,21 % pour une année de travail manquante. Récupérer l'un de ces quatre trimestres vaut 267,08 € par an, et la décomposition est instructive : 183,14 € viennent du taux amélioré et 83,94 € de la proratisation améliorée. L'effet taux est le plus fort des deux, ce qui explique que les rachats qui ne rétablissent que le taux coûtent moins cher que ceux qui rétablissent les deux.

Le régime complémentaire tourne aux points, et le rendement affiché n'est pas celui que tu obtiens

Pour un salarié du privé en France, le régime de base n'est qu'une partie de la pension. Le régime complémentaire achète des points : les cotisations sont calculées sur un taux de 6,20 % sur la tranche de rémunération allant jusqu'au plafond de la sécurité sociale et de 17 % sur la tranche comprise entre un et huit plafonds, et les points s'obtiennent en divisant ce montant par le prix d'achat du point — le salaire de référence, publié par l'Agirc-Arrco à 20,1877 € depuis le 1er novembre 2024. La pension est ensuite le nombre de points multiplié par la valeur de service, maintenue inchangée à 1,4386 € au 1er novembre 2025 par la circulaire Agirc-Arrco 2025-15DT. Divise l'une par l'autre et le rendement affiché du régime est de 7,13 %.

Ce chiffre n'est pas ce que rapporte ton argent, parce que ton argent n'est pas ce qui achète les points. Le régime applique un taux d'appel de 127 % : la cotisation réellement prélevée vaut 127 % du montant qui génère des points, soit 7,87 % de la rémunération de tranche 1 au lieu de 6,20 %, et 21,59 % de la tranche 2 au lieu de 17 %. Les 27 % supplémentaires financent l'équilibre du régime et ne génèrent rien. Calculé : 1 000 € de salaire de tranche 1 produisent 3,07 points, qui versent 4,42 € par an, contre 78,70 € réellement payés en cotisations — un rendement de 5,61 % sur l'argent versé, et non 7,13 %, et 17,8 années de pension pour récupérer la cotisation en termes nominaux. Note par ailleurs que la minoration temporaire de 10 % dite coefficient de solidarité a été supprimée par l'accord national interprofessionnel du 5 octobre 2023 : elle ne s'applique plus aux pensions prenant effet à compter du 1er décembre 2023, et elle a été levée au 1er avril 2024 pour celles qui la subissaient déjà.

Allemagne : un point, c'est une année au salaire moyen, et il se chiffre en une étape

L'arithmétique de la retraite allemande est d'une transparence inhabituelle. Gagner exactement le salaire moyen national pendant un an donne un Entgeltpunkt ; en gagner la moitié donne un demi-point ; en gagner le double donne deux points, jusqu'au plafond de cotisation. Le salaire moyen provisoire pour 2026 est de 51 944 € et le plafond de l'assurance retraite générale de 101 400 € par an, tous deux fixés par le règlement 2026 sur les paramètres de la sécurité sociale, si bien que le maximum acquérable en une année est de 1,95 point. La pension mensuelle est ensuite le nombre de points multiplié par la valeur du point, passée de 4,24 % à 42,52 € le 1er juillet 2026, multiplié par un facteur d'accès et un facteur de type de pension, tous deux égaux à 1 pour une pension de vieillesse ordinaire prise à l'âge normal.

Cela rend un point facile à chiffrer des deux côtés. Côté prestation, un point verse 42,52 € par mois, 510,24 € par an, indexés chaque 1er juillet. Côté coût, le taux de cotisation pour 2026 est de 18,6 %, inchangé, si bien qu'un point de salaire moyen coûte 9 661,58 € de cotisations totales, moitié salarié, moitié employeur. Divise : 18,9 années de pension pour récupérer la cotisation entière en termes nominaux, ou 9,5 années pour récupérer la seule part salariale. Quarante points donnent 1 700,80 € par mois à la valeur actuelle du point et quarante-cinq en donnent 1 913,40 €. Partir deux ans plus tôt réduit le facteur d'accès de 0,3 % par mois, si bien que 24 mois d'avance multiplient par 0,928 et transforment ces quarante points en 1 578,34 € — 122,46 € de moins par mois, définitivement.

Lire son propre relevé, dans le bon ordre

Commence par le décompte, pas par le montant. En France, regarde le nombre de trimestres portés par année et repère les années à moins de quatre — années d'études, stage non rémunéré, période à l'étranger, passage à temps très partiel, premier emploi commencé en septembre. Chacune est un trou que l'arithmétique ci-dessus permet de chiffrer. En Allemagne, le premier regard équivalent porte sur le nombre d'Entgeltpunkte par année et sur les années à zéro : périodes scolaires et universitaires au-delà d'un certain âge, interruptions entre deux emplois, séjours à l'étranger. Les deux administrations délivrent un relevé formel, et les deux relevés sont rectifiables — mais seulement si tu produises les pièces, et des bulletins de paie d'il y a trente ans se retrouvent plus facilement à cinquante ans qu'à soixante-cinq.

Une dernière mise en garde sur la comparaison des deux systèmes. Un trimestre français et un point allemand ne sont pas des objets de même nature : le trimestre est un compteur de durée qui commande le taux, tandis que le point est un compteur de valeur qui est la pension. Une carrière française peut être complète en trimestres et produire tout de même une petite pension si le salaire moyen est faible ; une carrière allemande ne le peut pas, puisque les points et le montant sont le même nombre. Qui a une carrière partagée entre les deux pays a besoin des deux relevés, et les règles européennes de coordination totalisent les périodes pour l'ouverture du droit tandis que chaque pays paie sa propre part selon ses propres règles — c'est le bon modèle mental, et non, comme on le décrit souvent, une pension unique fusionnée.

Taux appliqué
France, régime de base, règles 2026 : la pension annuelle pour un salaire annuel moyen de 30 000 € avec 172 trimestres requis — calculée à partir du taux plein de 50 %, de la minoration de 1,25 % par trimestre retenu et de la proratisation
Trimestres manquantsTaux appliquéProratisationPension annuellePerte par rapport à une carrière complète
050,00 %172 / 17215 000,00 €
149,375 %171 / 17214 726,38 €273,62 € (1,82 %)
248,75 %170 / 17214 454,94 €545,06 € (3,63 %)
348,125 %169 / 17214 185,68 €814,32 € (5,43 %)
447,50 %168 / 17213 918,60 €1 081,40 € (7,21 %)
845,00 %164 / 17212 872,09 €2 127,91 € (14,19 %)
1242,50 %160 / 17211 860,47 €3 139,53 € (20,93 %)

Exemple calculé avec notre outil

Calculateur d'âge de retraite

Données

Âge actuel
35
Épargne actuelle
0,00 €
Versement mensuel
500,00 €
Rendement annuel (%)
5
Montant cible
500 000,00 €

Résultat

Années avant la retraite
32,913
Âge de retraite
67,913

Ces chiffres sont produits par le calculateur ci-dessous, pas saisis à la main — ils sont recalculés à chaque évolution de l'outil.

Refaire ce calcul avec tes chiffres

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Questions fréquentes

J'ai travaillé toute l'année mais à temps partiel. Pourquoi n'ai-je que deux trimestres ?
Parce que la règle compte de l'argent, pas des mois. L'article R351-9 valide un trimestre par multiple de 150 fois le SMIC horaire en vigueur au 1er janvier de l'année — 1 803 € en 2026 — de sorte qu'une rémunération cotisée d'environ 4 000 € étalée sur douze mois valide deux trimestres, pas quatre. Il n'existe pas de trimestre partiel : le quatrième seuil est atteint ou non. Si tu approches d'un seuil en fin d'année, une rémunération cotisée supplémentaire avant le 31 décembre peut valoir un trimestre entier, et c'est un des rares cas où une petite prime de décembre a un effet mesurable sur une pension à quarante ans de distance.
La réforme française de 2023 a-t-elle été annulée ?
Non — sa montée en charge a été gelée, ce qui est autre chose et produit un autre tableau. La loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 du 30 décembre 2025 n'a pas abrogé la réforme ; elle a suspendu la hausse génération par génération pour une période. Le résultat se lit dans le code lui-même : l'article L161-17-3 porte désormais 170 trimestres pour les générations de 1963 au premier trimestre 1965 et 171 pour celles nées d'avril à décembre 1965, là où le calendrier de 2023 les aurait placées plus haut, et l'article L161-17-2 maintient l'âge légal à 62 ans et 9 mois pour cette même bande 1963-début 1965. Le chiffre de 64 ans demeure pour les assurés nés à compter du 1er janvier 1969. Vérifie l'article pour ta date de naissance plutôt qu'un titre sur la réforme, dans un sens comme dans l'autre.
Le malus Agirc-Arrco s'applique-t-il encore ?
Non. La minoration temporaire de 10 % dite coefficient de solidarité, qui s'appliquait pendant trois ans à ceux qui liquidaient au taux plein sans différer d'un an, a été supprimée par l'accord national interprofessionnel du 5 octobre 2023. Les pensions prenant effet à compter du 1er décembre 2023 sont versées sans elle, et celles déjà minorées ont vu la minoration levée au 1er avril 2024. Tout calcul ou article qui la déduit encore décrit un régime qui n'existe plus — cela vaut la peine d'être vérifié, car c'est le type de changement qui survit des années dans les sources secondaires.
Combien d'Entgeltpunkte faut-il pour une retraite allemande correcte ?
Multiplie et regarde. À la valeur du point de 42,52 € en vigueur depuis le 1er juillet 2026, quarante points donnent 1 700,80 € brut par mois et quarante-cinq en donnent 1 913,40 €. Quarante points, cela veut dire quarante années exactement au salaire moyen, exigence sévère : la moyenne provisoire pour 2026 est de 51 944 €, et une carrière passée en dessous accumule moins d'un point par an. Le plafond joue dans l'autre sens : à 101 400 € par an, le maximum acquérable en 2026 est de 1,95 point, si bien que les très hauts revenus ne peuvent pas acheter au-delà. Les cotisations maladie et dépendance sont ensuite retenues sur la pension brute, et une partie est imposable, de sorte que le net est nettement en dessous de la multiplication.
Mon relevé porte moins de trimestres ou de points que prévu. Que puis-je faire ?
Faites-le corriger avant d'envisager d'acheter quoi que ce soit. Les périodes manquantes relèvent le plus souvent d'un défaut de report et non d'un trou réel : un premier employeur disparu, un apprentissage, un travail à l'étranger, une année d'études éligible à une règle particulière, le service militaire. Les deux administrations ont une procédure de rectification et acceptent des pièces justificatives, le plus souvent bulletins de paie, certificats de travail et avis d'imposition. Faites-le bien avant la retraite, parce que les pièces sont de plus en plus difficiles à obtenir chaque année et parce que cela change la réponse à toutes les autres questions — inutile de chiffrer un rachat pour un trimestre déjà acquis mais jamais reporté.

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Ceci est une explication générale du fonctionnement des textes cités, et non un conseil fiscal, juridique ou financier, ni un substitut à la lecture de ton propre contrat, convention ou relevé de carrière. Chaque taux et chaque seuil porte l'année où il s'applique ; ils sont révisés, parfois deux fois par an, et le chiffre exact au moment de la rédaction n'est peut-être pas celui qui régit ta situation.

Sources

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