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Amortissement linéaire contre amortissement dégressif

Publié le 08/05/2025 · 12 min de lecture · Outils business

Camille Laurent

Camille LaurentRédactrice Finance chez OneKitly

Fiscalité · Finances personnelles

Vérifié à partir de 4 sources

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En bref

L'amortissement linéaire et l'amortissement dégressif passent exactement le même montant en charges. Sur un actif de 50 000 € à cinq ans de durée d'utilité et sans valeur résiduelle, le linéaire impute 10 000 € par an pendant cinq ans. Le dégressif à taux double impute 40 % de la valeur nette d'ouverture : 20 000 €, puis 12 000 €, puis 7 200 € — et le test de bascule vers le linéaire se déclenche alors, car étaler les 10 800 € restants sur les deux dernières années donne 5 400 € par an, ce qui bat les 40 % de 10 800 €. Les deux plans totalisent 50 000 €. Rien n'est créé, rien n'est perdu ; seul le calendrier bouge. L'annuité passe sous le linéaire en troisième année, et l'écart cumulé culmine à 12 000 € après la deuxième. Le calendrier vaut de l'argent à cause de l'impôt. À un taux de 25 %, l'économie d'impôt totale vaut 12 500 € dans les deux cas. Actualise chaque annuité à 8 % et le linéaire vaut 9 981,78 € quand le dégressif vaut 10 541,62 € — un avantage de 559,85 €, soit 1,12 % du coût de l'actif. Ce chiffre constitue tout l'argument économique de l'accélération : non pas un impôt plus faible, mais le même impôt payé plus tard. Porte le taux d'actualisation à 12 % et l'avantage monte à 749,11 €.

Les deux méthodes amortissent exactement le même total. Seul le calendrier diffère — et le calendrier vaut de l'argent. Un plan complet année par année pour un actif, l'année de croisement, la convention de bascule vers le linéaire, et la valeur actuelle du report d'impôt calculée à 8 %.

Le total est fixé avant même le choix

L'amortissement répartit le coût d'un actif sur les périodes qui en bénéficient. Ce qu'il ne peut jamais faire, c'est changer le montant de ce coût. Un actif acheté 50 000 € et finalement sans valeur sera passé en charges pour exactement 50 000 €, quel que soit le plan retenu pour y arriver. Le linéaire le fait en cinq tranches égales de 10 000 €. Le dégressif à taux double charge l'avant : 20 000 €, 12 000 €, 7 200 €, puis 5 400 € et 5 400 € une fois la bascule opérée. Additionne l'une ou l'autre colonne et la réponse est 50 000 €. Le choix porte sur l'année où atterrit la charge, et sur rien d'autre.

Les deux méthodes répondent à des questions différentes sur l'actif. Le linéaire suppose que l'actif rend le même service chaque année, ce qui convient à un bâtiment, à un aménagement de bureaux ou à une licence à durée fixe. Le dégressif suppose qu'il en rend davantage au début, ce qui convient à un véhicule, à un parc d'ordinateurs portables ou à tout matériel dont les frais de réparation grimpent avec l'âge — en dégressif, la somme de l'amortissement et de l'entretien reste à peu près constante sur la vie de l'actif, ce qui donne souvent une image plus juste du coût réel de l'année. Les deux sont des estimations. Aucune n'est plus vraie que l'autre, et c'est pourquoi les normes laissent choisir celle qui reflète le rythme auquel tu consommes l'actif.

Le plan, année par année

Le dégressif à taux double prend le double du taux linéaire — sur cinq ans, 2 ÷ 5, soit 40 % — et l'applique à la valeur nette comptable en début d'exercice plutôt qu'au coût d'origine. Année un : 40 % de 50 000 € font 20 000 €, laissant une valeur nette de 30 000 €. Année deux : 40 % de 30 000 € font 12 000 €, laissant 18 000 €. Année trois : 40 % de 18 000 € font 7 200 €, laissant 10 800 €. Remarque que l'annuité diminue chaque année par construction, puisque la base à laquelle on l'applique diminue. La valeur résiduelle n'entre pas du tout dans le calcul ; elle fixe seulement un plancher sous lequel la valeur nette ne doit pas descendre.

Deux moments de ce plan méritent d'être nommés, car on les confond souvent. Le croisement, c'est l'année où l'annuité passe sous celle du linéaire : ici la troisième, quand 7 200 € passent sous 10 000 €. La position cumulée est autre chose — le dégressif reste en avance de 9 200 € au total à la fin de la troisième année, après avoir été en avance de 12 000 € à la fin de la deuxième, l'écart le plus large jamais atteint. À partir de la troisième année, l'avance se rembourse, et à la fin de la cinquième elle vaut exactement zéro. L'amortissement accéléré est une courbe qui part haut, croise, et revient à la même ligne d'arrivée.

Pourquoi le dégressif a besoin d'une bascule, et n'atteint jamais zéro tout seul

Multiplier un nombre par 0,6 indéfiniment ne donne jamais zéro. Après cinq ans, la valeur nette d'un actif de 50 000 € amorti à 40 % pur vaudrait encore 3 888 € ; après dix ans, 302,33 € ; après vingt ans, 1,83 €. Elle tend vers zéro sans jamais l'atteindre, ce qui est très bien en géométrie et inutile en comptabilité — il faut que l'actif soit intégralement amorti à la fin de sa durée d'utilité. Quelque chose doit combler l'écart, et il y a deux façons standard : basculer vers le linéaire en cours de route, ou solder le reliquat la dernière année.

La convention de bascule est la plus propre, et elle est mécanique. Chaque année, tu compares l'annuité dégressive à ce que donnerait l'étalement uniforme de la valeur nette restante sur la durée restante, et tu retiens la plus grande. Dans le plan traité, le test échoue trois ans — 40 % de 50 000 € battent 50 000 € ÷ 5, et ainsi de suite — puis se déclenche en quatrième année : 40 % de 10 800 € font 4 320 €, mais 10 800 € étalés sur les deux dernières années font 5 400 €. À partir de là, le plan est linéaire, et il atterrit exactement sur zéro. Les États-Unis intègrent cela dans leurs tables MACRS, où un bien à cinq ans s'amortit à 20,00 %, 32,00 %, 19,20 %, 11,52 %, 11,52 % et 5,76 % du coût d'origine — des pourcentages qui contiennent déjà la bascule et une convention de demi-année pour l'exercice d'acquisition, et dont la somme fait 100 %.

L'argument économique est la valeur actuelle du report d'impôt

L'amortissement est une charge déductible : chaque euro passé économise le taux d'impôt. À 25 %, les 50 000 € d'amortissement total procurent 12 500 € d'économie d'impôt — et exactement 12 500 € dans les deux méthodes, puisque les deux déduisent exactement 50 000 €. Quiconque te dit que l'amortissement accéléré réduit l'impôt sur la vie d'un actif se trompe. Ce qui change, c'est le moment où l'économie arrive. Le linéaire délivre 2 500 € par an pendant cinq ans. Le dégressif délivre 5 000 €, 3 000 €, 1 800 €, 1 350 € et 1 350 €.

Actualise ces deux flux et tu obtiens le nombre qui compte. À 8 %, chaque économie étant reçue en fin d'exercice, le linéaire vaut 9 981,78 € en monnaie d'aujourd'hui et le dégressif 10 541,62 €. L'écart vaut 559,85 € — 1,12 % du coût de l'actif et 4,5 % de l'économie d'impôt elle-même. Voilà tout le gain. Il est réel et il vaut la peine d'être pris, mais ce n'est pas l'économie transformatrice qu'on vend parfois. Savoir s'il justifie une complexité supplémentaire dans tes comptes dépend de l'ampleur de tes investissements et du coût de l'argent pour toi.

L'avantage évolue avec les deux facteurs attendus. Ramène le taux d'actualisation à 4 % et il tombe à 315,59 €, car le report vaut moins quand l'argent est bon marché ; porte-le à 12 % et il monte à 749,11 €. Porte le taux d'impôt de 25 % à 30 % et il monte à 671,82 €, car une économie plus grosse reportée est un gain plus gros. Les deux sensibilités pointent dans le même sens : l'amortissement accéléré vaut le plus pour une société lourdement imposée au bilan coûteux, et très peu pour une société peu imposée et riche en trésorerie.

Ce que le choix fait au reste de tes comptes

Charger l'avant déprime le résultat publié des premières années et l'embellit ensuite. Dans le plan traité, le résultat d'exploitation en dégressif est inférieur de 10 000 € la première année et supérieur de 4 600 € les quatrième et cinquième, sur un simple choix de méthode. Cela fait aussi baisser plus vite la valeur nette de l'actif, ce qui augmente la rotation de l'actif — chiffre d'affaires divisé par actifs — pour des raisons qui n'ont rien à voir avec un meilleur usage des actifs. Une base d'actifs ancienne et amortie agressivement peut faire paraître une entreprise bien plus efficiente en capital qu'un concurrent qui a acheté les mêmes machines l'an dernier et pratique le linéaire.

Deux conséquences pratiques en découlent. D'abord, quand tu compares des sociétés sur le résultat d'exploitation, la rentabilité des actifs ou leur rotation, vérifie la politique d'amortissement et l'âge du parc avant de conclure quoi que ce soit — tu mesures peut-être une convention comptable et une date d'achat. Ensuite, dans beaucoup de juridictions, l'amortissement des comptes publiés et celui de la liasse fiscale sont deux plans distincts, calculés selon deux jeux de règles, avec un impôt différé qui les réconcilie. Si c'est ton cas, la méthode comptable retenue ne détermine pas à elle seule le report d'impôt évoqué plus haut ; ce sont les règles fiscales qui le font.

Plan complet pour un actif de 50 000 € sur cinq ans sans valeur résiduelle : linéaire contre dégressif à taux double avec bascule vers le linéaire
AnnéeLinéaireDégressifÉcartValeur nette en fin d'année (dégressif)
110 000 €20 000 €+10 000 €30 000 €
210 000 €12 000 €+2 000 €18 000 €
310 000 €7 200 €−2 800 €10 800 €
4 (bascule vers le linéaire)10 000 €5 400 €−4 600 €5 400 €
510 000 €5 400 €−4 600 €0 €
Total50 000 €50 000 €0 €

Exemple calculé avec notre outil

Calculateur d'amortissement dégressif (double taux)

Données

Coût de l'actif
10 000,00 €
Durée d'utilité (années)
5

Résultat

Amortissement année 1
4 000,00 €
Taux d'amortissement
40 %

Ces chiffres sont produits par le calculateur ci-dessous, pas saisis à la main — ils sont recalculés à chaque évolution de l'outil.

Refaire ce calcul avec tes chiffres

Questions fréquentes

L'amortissement accéléré réduit-il l'impôt total que je paie ?
Non. Sur la vie de l'actif, les deux méthodes déduisent exactement les mêmes 50 000 €, donc à 25 % les deux procurent exactement 12 500 € d'économie d'impôt. Ce que l'accélération change, c'est le calendrier : tu obtiens 5 000 € d'économie la première année au lieu de 2 500 €, et d'autant moins ensuite. L'avantage est la valeur temps de ce décalage — 559,85 € actualisés à 8 % sur cet actif, soit 1,12 % de son coût. Réel, mais un report et non une économie.
En quelle année le dégressif passe-t-il sous le linéaire ?
Sur cet actif à cinq ans, l'annuité croise en troisième année : 7 200 € contre 10 000 €. Ne confonds pas avec la position cumulée, qui reste favorable au dégressif jusqu'à la toute fin — l'écart cumulé culmine à 12 000 € après la deuxième année, vaut encore 9 200 € après la troisième, tombe à 4 600 € après la quatrième et atteint zéro après la cinquième. Le croisement dit quand la charge annuelle commence à faire mal ; l'écart cumulé dit combien d'avantage reste acquis.
Pourquoi le dégressif doit-il basculer vers le linéaire ?
Parce qu'un pourcentage constant d'un solde qui rétrécit forme une série géométrique qui tend vers zéro sans jamais l'atteindre. Un actif de 50 000 € à 40 % pur conserve une valeur nette de 3 888 € après cinq ans, de 302,33 € après dix et de 1,83 € après vingt. Le test de bascule — retenir l'annuité dégressive ou la valeur nette restante étalée uniformément sur la durée restante, la plus grande des deux — clôt le plan pile à l'heure. Ici il se déclenche en quatrième année, où 10 800 € sur deux ans donnent 5 400 € contre une annuité dégressive de 4 320 €.
Comment la valeur résiduelle s'insère-t-elle dans le dégressif ?
C'est un plancher, pas une donnée d'entrée. Le linéaire retranche la valeur résiduelle avant de diviser par la durée ; le dégressif applique son taux à la valeur nette entière et s'arrête simplement quand celle-ci atteint la résiduelle. C'est pourquoi les deux méthodes paraissent si différentes dès la première année, sur le même actif. Dans l'exemple traité, la valeur résiduelle est nulle, donc le plan descend jusqu'à zéro. Donne au même actif une résiduelle de 5 000 € et l'annuité finale est plafonnée pour que la valeur nette atterrisse sur 5 000 € au lieu de continuer à descendre.
Puis-je utiliser une méthode en comptabilité et une autre pour l'impôt ?
Dans beaucoup de juridictions, oui — et c'est la norme plutôt que l'exception. Les normes comptables demandent d'amortir sur la durée d'utilité selon le rythme de consommation des avantages, tandis que le droit fiscal prescrit ses propres taux, catégories et conventions. Les deux plans divergent alors, et l'écart est porté en impôt différé. Comme les règles varient énormément d'un pays à l'autre, considère les valeurs actuelles de cet article comme une illustration du mécanisme et non comme un droit acquis, et vérifie ton régime local de déduction pour amortissement.

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Cet article est explicatif et ne constitue ni un conseil fiscal ni un conseil comptable. Les méthodes d'amortissement admises, les durées d'utilité, les conventions de première année, les déductions pour amortissement et l'existence de dispositifs accélérés varient selon la juridiction et le référentiel comptable appliqué, et l'amortissement comptable et l'amortissement fiscal sont souvent calculés différemment. Consulte un expert-comptable ou un conseil fiscal qualifié avant de fixer une politique d'amortissement.

Sources

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