Acheter ou louer son matériel : quel chiffre décide vraiment
Publié le 16/07/2026 · 16 min de lecture · Outils business
Camille Laurent — Rédactrice Finance chez Allin
Fiscalité · Finances personnelles
Vérifié à partir de 6 sources
Modélise une machine de 60 000 € sur cinq ans — un prêt à cinq ans à 5,5 %, une valeur résiduelle de 20 000 €, un taux d'imposition de 25 % et un taux d'actualisation de 4 % — et les trois effets candidats sortent dans un ordre net. Premièrement, le fait que le prix de la location te crédite ou non de la valeur résiduelle : environ 11 200 € de valeur actuelle, soit 18,7 % du prix. Deuxièmement, l'écart entre ce que facture une banque et ce qui est implicite dans le devis de location : passer de 5,5 % à 11 % coûte environ 7 900 €, soit 13,2 %. Troisièmement seulement, le traitement de l'amortissement : accélérer la déduction d'un linéaire sur cinq ans à une déduction immédiate vaut 1 068 € à ces taux, soit 1,8 %. Utiliser les accélérations allemandes réellement en vigueur en 2026 ne change pas grand-chose — le dégressif rétabli par le paragraphe 7(2) de la loi sur l'impôt sur le revenu pour les biens acquis entre le 1er juillet 2025 et le 31 décembre 2027, plafonné à trois fois le taux linéaire et à 30 %, vaut environ 204 € à un taux combiné de 30 %, et la déduction pour investissement assortie de l'amortissement spécial du paragraphe 7g environ 1 430 €. La conclusion est donc que l'achat l'emporte dès que le bien conserve une valeur résiduelle que le prix de la location ne te paie pas, et que la location l'emporte quand le bien devient obsolète plus vite qu'il ne s'amortit, ou quand le prêt t'est refusé. Ce qui renverserait le verdict : un taux marginal élevé combiné à un coût du capital cher, où la même accélération atteint 10,3 % du prix à un taux de 60 % et une actualisation de 12 % — et où l'amortissement cesse d'être un départage pour devenir l'argument.
L'idée reçue veut que le traitement fiscal de l'amortissement tranche la question acheter ou louer. Modélisée sur une machine de 60 000 € et cinq ans, elle ne tranche rien : elle arrive troisième, et loin derrière. Voici le classement, calculé, et les conditions dans lesquelles il s'inverse.
Trois effets, classés, et la surprise est le classement
Les débats acheter-ou-louer atterrissent presque toujours sur la fiscalité. La location, dit l'argument, permet de déduire tout le loyer en charge d'exploitation quand l'achat oblige à étaler le coût sur un plan d'amortissement : la location déduit donc plus vite et l'emporte. L'argument a la bonne forme et le mauvais ordre de grandeur. Chiffré sur une machine de 60 000 € conservée cinq ans, à 25 % d'imposition et 4 % d'actualisation, l'écart entre la déduction la plus lente et la plus rapide disponible est de 1 068 € — moins de deux pour cent du prix, et moins que l'écart entre deux devis de location du même courtier.
Les deux effets qui tranchent réellement relèvent du prix, pas de l'impôt. Que le loyer te crédite ou non de la valeur résiduelle de la machine vaut environ 11 200 € dans le même modèle — dix-huit et demi pour cent du prix — et l'écart entre un taux bancaire de 5,5 % et un taux de location implicite de 11 % vaut environ 7 900 €, treize pour cent. Ce sont ces chiffres qu'il faut discuter. Comparer un achat et une location sur leur traitement fiscal en acceptant l'hypothèse de résiduelle et le taux implicite que contient le devis, c'est débattre d'un terme à deux pour cent et en concéder un à trente.
Première place : une location te vend l'amortissement, pas la machine
Un loyer est tarifé sur la valeur que le bien perd pendant que tu l'as, plus une rémunération de l'argent immobilisé. C'est tout le produit. Si la machine vaut 60 000 € neuve et 20 000 € au bout de cinq ans, le loueur finance 40 000 € de perte et attend 20 000 € en retour à la fin. Tarifé ainsi à un taux implicite de 7 %, le loyer est d'environ 909 € par mois sur soixante mois, soit 54 523 € au total. Tarifé comme si la machine ne valait plus rien à la fin — ce que fait exactement un devis quand la résiduelle est discrètement évacuée — les mêmes soixante mois coûtent environ 1 188 € par mois, soit 71 284 €. Cela fait 16 761 € d'écart sur une hypothèse que personne n'a mise par écrit.
C'est pourquoi la première question à poser à un loueur n'est pas le montant mensuel mais quelle valeur résiduelle le devis suppose et qui la garde. Un crédit-bail avec option d'achat symbolique en fin de contrat te remet la résiduelle, et se tarifie en conséquence. Une location avec obligation de restitution la laisse au loueur, qui revendra la machine et en encaissera le produit. Les deux sont des produits légitimes ; opposer l'un à l'autre sur la seule mensualité n'est pas une comparaison, c'est une erreur de catégorie. Et le sens est net : mieux le bien tient sa valeur, plus l'achat gagne, parce que la résiduelle est la part du prix d'achat que tu récupères.
Deuxième place : le taux d'intérêt qu'on ne t'a pas montré
Un devis de location te donne une mensualité et une durée. Il ne te donne généralement pas de taux, et n'y est pas tenu, parce qu'un loyer est le prix d'un service et non un crédit. Tu peux toujours retrouver le taux toi-même : c'est le taux d'actualisation auquel la valeur actuelle des loyers égale le prix du bien diminué de la valeur actuelle d'une éventuelle résiduelle. Fais-le sur les chiffres ci-dessus et un devis de 1 188 € par mois sur soixante mois pour une machine de 60 000 € sans crédit de résiduelle ressort à environ 7 % — tandis que 1 053 € par mois avec la résiduelle créditée ressort à 11 %. La mensualité affichée et le taux sous-jacent bougent ici en sens inverse, ce qui est précisément pourquoi comparer des mensualités ne compare rien.
Le côté achat est plus lisible, et cela fait partie du problème : un prêt de 60 000 € sur soixante mois à 5,5 % fait 1 146,07 € par mois et 8 764 € d'intérêts, et la banque est tenue de te le dire. Quand un loyer figure à côté d'un prêt sur une même page, le prêt porte un taux visible et le loyer non — et l'invisible est très souvent le plus cher. Le retrouver demande un calcul et transforme un argumentaire infalsifiable en un chiffre que tu peux mettre en concurrence.
Troisième place : ce que vaut réellement l'amortissement, en argent
Quel plan s'applique à un achat — linéaire, dégressif, unités d'œuvre — est une autre question, qui a son propre article sur ce site, et la mécanique n'est pas répétée ici. Pour une décision acheter-ou-louer, seule compte la somme que le choix déplace, et la réponse honnête est qu'il en déplace moins que l'argument ne le laisse croire. L'Allemagne est le bon banc d'essai, parce que ses règles 2026 sont exceptionnellement généreuses. Le paragraphe 7(2) de la loi sur l'impôt sur le revenu a rétabli l'amortissement dégressif pour les biens meubles acquis après le 30 juin 2025 et avant le 1er janvier 2028, à trois fois le taux linéaire au plus et plafonné à 30 %. Sur une machine à cinq ans, c'est une déduction de première année de 18 000 € au lieu de 12 000 € — et à un taux combiné de 30 % avec 4 % d'actualisation, cela vaut 204 € de valeur actuelle face au linéaire. Trois dixièmes de pour cent du prix.
Pousse plus loin et cela reste faible. Le paragraphe 7g permet à une entreprise dont le bénéfice n'excède pas 200 000 € de déduire la moitié du coût attendu d'un bien jusqu'à trois ans avant de l'acheter, puis de pratiquer un amortissement spécial de 40 % en sus du plan ordinaire. Déroulé correctement — la déduction pour investissement réduit la base amortissable du même montant qu'elle a déduit, si bien que le total amorti reste le coût et pas davantage — cela concentre 30 000 € sur l'année précédant l'achat et 18 000 € sur la première année, pour environ 1 430 € de valeur actuelle face au linéaire, soit 2,4 % du prix. C'est de l'argent réel et cela mérite d'être demandé. Ce n'est pas une raison d'acheter ce que tu aurais autrement loué.
Il existe une configuration où l'argument devient vrai, et elle mérite d'être nommée parce qu'elle n'est pas rare. La valeur d'une accélération d'amortissement est le taux d'imposition multiplié par la valeur-temps du déplacement de la déduction : elle croît donc avec les deux. À 25 % d'imposition et 2 % de coût du capital, déplacer un amortissement de 60 000 € d'un linéaire sur cinq ans à une déduction immédiate vaut 0,9 % du prix. À 60 % de taux marginal — un entrepreneur individuel en haut d'un barème progressif, payant des cotisations sociales sur le même bénéfice — et 12 % de coût du capital, le même déplacement vaut 10,3 %. Un acheteur lourdement imposé et contraint en trésorerie a vraiment intérêt à laisser l'amortissement décider. Une société à l'impôt sur les sociétés ayant accès au crédit bancaire n'y a vraiment pas intérêt.
Le piège qui supprime complètement l'argument fiscal
Toute l'histoire de la déduction accélérée repose sur le fait que le loyer soit une charge à toi et non un actif à toi. Ce n'est pas automatique. Lorsque les termes du contrat font de te le propriétaire économique — une durée couvrant l'essentiel de la vie du bien, une option d'achat à prix cassé, une résiduelle que tu as de fait garantie — le bien t'est attribué, tu l'inscris à ton bilan et tu l'amortis exactement comme si tu l'avais acheté. La déduction suit alors le rythme du plan d'amortissement et non celui du loyer : tout l'argument fiscal en faveur de la location s'évapore, tandis que la totalité du taux implicite reste.
Le même mouvement a déjà eu lieu du côté du reporting. Sous IFRS 16, applicable aux exercices ouverts à compter du 1er janvier 2019, un preneur comptabilise un droit d'utilisation à l'actif et une dette de loyer au passif pour presque tous les contrats, avec des exemptions étroites pour les durées courtes et les biens de faible valeur. Les sociétés qui publient sous cette norme ont perdu l'argument du hors-bilan il y a des années ; celles qui appliquent des règles comptables nationales, le plus souvent non — d'où le fait qu'un même contrat ressemble à une charge d'exploitation propre dans un jeu de comptes et à un achat financé dans un autre. Demande dans lequel des deux tu es avant de compter la déduction.
Ce qui changerait la conclusion
Quatre situations la renversent proprement. Quand le bien devient obsolète plus vite qu'il ne s'amortit — un parc de portables, un appareil de diagnostic dont le support logiciel s'arrête à une date publiée — la résiduelle que tu achèterais est une fiction et tout l'effet de première place disparaît. Quand l'alternative est de ne pas avoir l'équipement du tout, parce qu'une banque refuse de prêter et qu'un loueur accepte, le taux implicite est le prix d'exister et toute comparaison à un prêt inaccessible est théorique. Quand le loyer intègre réellement des services que tu achèterais sinon — maintenance, remplacement sous vingt-quatre heures, assurance — tu compares un prix à un autre prix. Et quand la contrainte est le bilan lui-même, parce qu'un covenant plafonne ton endettement, un contrat qui reste hors bilan sous tes règles comptables t'achète une marge de manœuvre qui a un prix réel.
Deux chiffres ne changent pas la conclusion et méritent d'être écartés pour qu'ils cessent de revenir. Récupérer la TVA d'un achat sur une seule déclaration plutôt que sur soixante loyers immobilise 12 000 € pendant quelques semaines, ce qui à 4 % de coût du capital vaut environ 79 € : une erreur d'arrondi. Et le total des versements n'est pas une comparaison du tout — 68 764 € de mensualités de prêt contre 54 523 € de loyers ne dit rien, parce que l'un achète une machine qui vaut 20 000 € à la fin et l'autre n'achète rien. Compare des positions à une date commune, pas des sommes d'échéances.
| Effet | Valeur actuelle | En part du prix | Qui il favorise |
|---|---|---|---|
| Résiduelle créditée dans le prix, ou non | environ 11 200 € | 18,7 % | L'achat, dès que le bien tient sa valeur |
| Taux de financement : 5,5 % bancaire contre 11 % implicite dans la location | environ 7 900 € | 13,2 % | Celui qui emprunte le moins cher — d'ordinaire l'acheteur ayant accès au crédit bancaire |
| Amortissement accéléré d'un linéaire sur cinq ans à une déduction immédiate | 1 068 € | 1,8 % | L'achat, mais de peu |
| La même accélération à 60 % de taux marginal et 12 % de coût du capital | 6 188 € | 10,3 % | L'achat, nettement — le seul cas où l'amortissement tranche |
| Amortissement dégressif allemand, paragraphe 7(2) EStG, à un taux combiné de 30 % | 204 € | 0,3 % | L'achat, de façon négligeable |
| Déduction pour investissement et amortissement spécial allemands, paragraphe 7g EStG | 1 430 € | 2,4 % | L'achat, et cela mérite d'être demandé — mais ce n'est pas une raison d'acheter |
| TVA récupérée en une fois plutôt qu'au fil des loyers | environ 79 € | 0,1 % | Personne, en pratique |
Questions fréquentes
- La location est-elle donc simplement moins bonne que l'achat ?
- Non. Elle est moins bonne sur le modèle précis de cet article, qui décrit un bien conservant un tiers de sa valeur après cinq ans et un acheteur pouvant emprunter à 5,5 %. Change l'une ou l'autre condition et la réponse change. Un bien sans résiduelle significative supprime le plus grand effet du tableau, et un acheteur qui ne peut pas emprunter du tout supprime le deuxième. La location est un produit de financement, et les produits de financement se jugent face à l'alternative dont on dispose réellement, pas à celle d'un exemple chiffré.
- Comment retrouver le taux d'intérêt caché dans un devis de location ?
- Il te faut trois nombres : le prix comptant du bien hors taxe, la mensualité et la durée. Le taux implicite est celui auquel la valeur actuelle des loyers égale le prix comptant, diminué de la valeur actuelle d'une résiduelle éventuelle que tu conserves à la fin. N'importe quel calculateur de prêt le résout : entre le prix comptant comme montant emprunté, le loyer comme mensualité et la durée comme nombre d'échéances, puis lis le taux. Sur l'exemple présenté, 1 188 € par mois sur soixante mois face à un prix comptant de 60 000 € ressort à environ 7 %, et 1 053 € par mois avec une résiduelle de 20 000 € créditée ressort à environ 11 % — la mensualité la plus élevée est la meilleure affaire.
- La réponse diffère-t-elle entre une société et un entrepreneur individuel ?
- Oui, et dans un sens que le tableau rend visible. La valeur d'un amortissement accéléré est le taux d'imposition multiplié par la valeur-temps de l'anticipation de la déduction : un entrepreneur individuel imposé en haut d'un barème progressif et payant des cotisations sociales sur le même bénéfice y gagne bien plus qu'une société à un taux d'impôt sur les sociétés fixe. En France, ce taux fixe est de 15 % sur les 42 500 premiers euros de bénéfice et de 25 % au-delà, selon l'article 219 du code général des impôts en vigueur en 2026. En Allemagne, c'est 15 % d'impôt sur les sociétés plus la contribution de solidarité, avec la taxe professionnelle locale par-dessus, à un taux fixé par chaque commune — 3,5 % multipliés par un coefficient local dont le plancher légal est de 200 % en 2026 et passe à 280 % à partir de 2027. Taux plus élevé, gain plus grand ; c'est toute la règle.
- Et les petits matériels — existe-t-il un seuil en dessous duquel on passe simplement en charge ?
- En Allemagne oui, et cela vaut la peine d'être connu précisément. Le paragraphe 6(2) de la loi sur l'impôt sur le revenu autorise la déduction immédiate des biens meubles dont le coût, net de TVA récupérable, n'excède pas 800 €. Entre 250 et 1 000 €, l'alternative du paragraphe 6(2a) est un poste collectif amorti sur cinq exercices. Sous le premier seuil, la question acheter-ou-louer se dissout largement, parce qu'une déduction immédiate est le plan le plus rapide qui existe et qu'aucun loyer ne peut faire mieux. Les autres pays fixent leurs propres limites par leurs propres textes : vérifie le chiffre qui te concerne plutôt que d'emprunter celui-ci.
- Peut-on comparer un achat et une location en additionnant les versements ?
- Non, et c'est la façon la plus courante de se tromper sur cette décision. Soixante échéances de prêt de 1 146,07 € totalisent 68 764 €, et soixante loyers de 908,71 € totalisent 54 523 €, ce qui semble trancher en faveur de la location de plus de 14 000 €. Cela ne tranche rien : à la fin du prêt tu possèdes une machine qui vaut 20 000 € et à la fin de la location tu ne possèdes rien, et les deux flux de paiements se situent à des dates différentes. Mets-les sur le même plan — actualise les versements à aujourd'hui, réintègre la résiduelle, applique l'économie d'impôt là où elle tombe réellement — et le classement peut s'inverser, et ici s'inverse.
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Ceci est une explication générale du fonctionnement d'un calcul, et non un conseil fiscal, juridique, comptable ou de gestion. Chaque taux, plafond et seuil est donné avec l'année à laquelle il s'applique et le texte qui le fixe, parce que ces chiffres sont révisés — certains chaque année, d'autres en cours d'année. Ta forme juridique, ton secteur, ta convention collective et tes propres chiffres peuvent changer complètement la réponse : vérifie tout élément auprès de la source citée et d'un conseil qualifié avant d'agir.
Sources
- Bundesministerium der Justiz — gesetze-im-internet.de — § 7 EStG, Absatz 2: degressive depreciation for movable fixed assets acquired after 30 June 2025 and before 1 January 2028, at up to three times the straight-line rate and capped at 30 %
- Bundesministerium der Justiz — gesetze-im-internet.de — § 7g EStG: the 50 % investment deduction, the 40 % special depreciation and the 200 000 € profit ceiling for eligibility
- Bundesministerium der Justiz — gesetze-im-internet.de — § 6 EStG, Absätze 2 and 2a: the 800 € immediate write-off for low-value assets net of recoverable input tax, and the 250–1 000 € collective pool written off over five business years
- Bundesministerium der Justiz — gesetze-im-internet.de — §§ 11 and 16 GewStG: the 3.5 % assessment rate and the statutory minimum local multiplier of 200 % for 2026, rising to 280 % from the 2027 collection period
- Légifrance — Article 219 du code général des impôts (version in force in 2026): corporation tax at 25 %, with 15 % on the first 42 500 € of taxable profit for companies meeting the turnover and shareholding conditions
- IFRS Foundation — IFRS 16 Leases, effective for annual reporting periods beginning on or after 1 January 2019: lessees recognise a right-of-use asset and a lease liability, with exemptions for short-term and low-value leases
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