Ce que le télétravail fait vraiment économiser, chauffage compris
Publié le 27/07/2026 · 17 min de lecture · Outils business
Camille Laurent — Rédactrice Finance chez Allin
Fiscalité · Finances personnelles
Vérifié à partir de 7 sources
Pour qui va au travail en voiture, le télétravail est nettement positif et le chauffage n'est pas près de renverser le résultat. Prenons deux jours de télétravail par semaine — 88 jours par an, dont 50 en saison de chauffe —, un trajet de dix-huit kilomètres dans chaque sens et un carburant à 12 centimes du kilomètre. Le carburant non brûlé vaut 380,16 €. Le surcroît de chauffage, pour un logement perdant 120 watts par kelvin, trois degrés de consigne supplémentaires et neuf heures par jour, représente 3,24 kilowattheures de chaleur par jour ; via une chaudière gaz à 90 % au prix français du gaz domestique de 0,1436 € le kilowattheure au second semestre 2025, cela fait 52 centimes par jour, soit 25,85 € sur la saison. Ajoute l'ordinateur, l'écran et l'éclairage à 120 watts pendant neuf heures — 1,08 kilowattheure, 28 centimes par jour au prix français de l'électricité de 0,2561 € — et le coût domestique total est de 50,19 €. Économie nette avant toute allocation employeur : 329,97 €, et le chauffage représente un quinzième du carburant. Dit autrement : à ces prix, le surcoût domestique d'une journée de télétravail est couvert par un trajet de 3,3 km dans chaque sens en France, 3,6 km en Allemagne et 2,6 km en Espagne, et même dans le pire cas de cet article — chauffage électrique direct au prix allemand de 0,3869 € le kilowattheure — il n'en faut que 7,0. Le solde devient donc négatif dans trois situations identifiables, et non par règle générale. D'abord, et de loin la plus fréquente : l'abonnement de transport. Le télétravail supprime un coût variable, et un abonnement mensuel est un coût fixe : celui qui le conserve n'économise rien sur le transport et perd 50,19 € par an avant toute allocation. Ensuite : l'absence de participation de l'employeur là où elle est d'usage. Enfin, et c'est un effet fiscal et non une facture, l'Allemagne. À partir de l'année d'imposition 2026, l'indemnité de trajet vaut 0,38 € par kilomètre entier dès le premier, tandis qu'une journée à domicile vaut 6 € forfaitaires — une journée de trajet bat donc une journée à domicile au-delà de 15,79 km, et 88 jours de télétravail à dix-huit kilomètres coûtent 73,92 € de déduction, environ 22 € d'impôt à un taux marginal de 30 %. Pire, le forfait allemand de télétravail est plafonné à 1 260 € par an, soit 210 jours à 6 €, face à un abattement salarié de 1 230 € dont tout salarié dispose déjà : un télétravailleur à temps plein sans autres frais professionnels gagne 30 € de déduction, soit environ 9 €. Où tombe le solde dépend donc de trois choses, et pas du thermostat : ton coût de trajet est-il variable ou fixe, comment et à quel prix te chauffes-tu, et quelqu'un te verse-t-il une allocation.
La facture de chauffage est réelle et elle est petite — environ un quinzième du carburant qu'un automobiliste cesse de brûler. Le solde ne devient négatif que dans trois cas identifiables, dont l'abonnement de transport. Chiffré à partir des prix de l'énergie d'Eurostat, avec un fisc allemand qui pousse dans l'autre sens.
L'économie, c'est presque uniquement le trajet, et l'écart est net
L'argument selon lequel l'énergie domestique annule l'économie de trajet est répété assez souvent pour qu'on le chiffre. Un salarié, deux jours de télétravail par semaine, 88 jours par an dont 50 en saison de chauffe, dix-huit kilomètres dans chaque sens, un carburant à 12 centimes du kilomètre. Carburant non brûlé : 88 × 2 × 18 × 0,12 = 380,16 €. C'est là tout le gain dans ce cas, et tout le reste du calcul est petit à côté.
Une mise en garde sur ce chiffre avant de le réutiliser. Le carburant est le seul coût automobile qu'une journée de télétravail supprime réellement. L'assurance, la taxe, le crédit et l'essentiel de la dépréciation sont des coûts annuels qui ignorent les jours où tu as roulé, et un barème kilométrique qui les inclut — du type de ceux qui servent à rembourser les déplacements professionnels — surestime l'économie d'un facteur trois ou plus. Si le télétravail doit changer ce que coûte ta voiture, c'est en te permettant d'en avoir une plus petite ou aucune, ce qui est une décision et non un effet secondaire.
Chauffage : l'arithmétique honnête, et le seul chiffre que tu dois fournir
Le surcroît de chaleur, c'est la différence entre un logement en réduit pendant que tout le monde est dehors et un logement tenu à température de confort toute la journée. Modélise-le avec trois grandeurs : le coefficient de déperdition du logement en watts par kelvin, les degrés de consigne supplémentaires, et les heures. Prends 120 watts par kelvin — un appartement moyennement isolé d'une centaine de mètres carrés —, trois degrés et neuf heures : 120 × 3 × 9 = 3 240 wattheures, soit 3,24 kilowattheures de chaleur par jour. Ce coefficient est le seul chiffre que personne ne publie pour toi. C'est une hypothèse, il varie d'un facteur trois entre un logement neuf et une maison non isolée, et c'est là qu'il faut dépenser ton scepticisme. Tout ce qui vient ensuite est chiffré sur des données publiées.
Traduire la chaleur en argent dépend entièrement de la façon dont tu la produises. Par une chaudière gaz à 90 % de rendement, 3,24 kilowattheures de chaleur demandent 3,60 kilowattheures de gaz. La série semestrielle d'Eurostat sur les prix domestiques situe le gaz, toutes taxes comprises, à 0,1436 € le kilowattheure en France, 0,1223 € en Allemagne et 0,0955 € en Espagne au second semestre 2025 — le surcoût quotidien de chauffage est donc de 52 centimes en France, 44 en Allemagne et 34 en Espagne. Le chauffage électrique direct est le pire cas, puisqu'il faut les 3,24 kilowattheures entiers à un prix de l'électricité domestique de 0,2561 € en France, 0,3869 € en Allemagne et 0,2669 € en Espagne : 83 centimes, 1,25 € et 86 centimes. Une pompe à chaleur d'efficacité saisonnière trois est le meilleur cas, avec seulement 1,08 kilowattheure : 28, 42 et 29 centimes. Ajoute l'ordinateur, l'écran et une lampe — 120 watts pendant neuf heures font 1,08 kilowattheure, soit encore 28, 42 et 29 centimes.
Compare cela à un trajet et la comparaison cesse d'être serrée. À 12 centimes de carburant au kilomètre, le surcoût domestique d'une journée de télétravail est remboursé par 3,3 km dans chaque sens en France, 3,6 en Allemagne et 2,6 en Espagne avec un chauffage au gaz ; 2,3, 3,5 et 2,4 avec une pompe à chaleur ; et même en chauffage électrique direct au prix allemand — la combinaison la plus chère de cet article — 7,0 km. Presque personne ne fait sept kilomètres en voiture pour aller travailler. C'est le résultat, et c'est le contraire de l'idée reçue.
Le cas où le solde s'inverse vraiment : l'abonnement de transport
Tout ce qui précède repose sur une propriété de la voiture : le coût est variable, donc ne pas faire le trajet le supprime. Un abonnement mensuel ou annuel a la forme inverse. C'est un coût fixe, payé qu'on voyage vingt jours ou douze, et le télétravail n'en retire rien. Celui qui conserve son abonnement n'économise absolument rien sur le trajet tout en payant les 25,85 € de chauffage et les 24,34 € d'électricité — une perte nette de 50,19 € par an dans le cas chiffré. C'est la situation que décrivent les sceptiques, et elle est réelle. Elle n'est simplement pas générale.
Deux choses changent cela. Renoncer à l'abonnement pour acheter des tickets à l'unité convertit le coût fixe en coût variable, ce qui devient rentable au-delà d'un certain nombre de jours de télétravail et mérite d'être calculé avant d'être supposé. Et une allocation employeur comble largement l'écart : au plafond d'exonération français pour deux jours de télétravail par semaine, 22 € par mois ou 264 € par an, le même abonné termine avec 213,81 € de gain au lieu de 50,19 € de perte. Autrement dit, pour les salariés dont le trajet est un coût fixe, toute l'économie du télétravail se résume à l'allocation.
Allemagne : le fisc pousse dans l'autre sens
L'Allemagne chiffre les deux états du monde et valorise davantage le bureau. Une journée à domicile vaut 6 € forfaitaires au titre du paragraphe 4 alinéa 5 phrase 1 numéro 6c de la loi sur l'impôt sur le revenu, réservés aux jours où le travail est fait principalement chez soi sans se rendre à un premier lieu d'activité extérieur. Une journée au bureau vaut l'indemnité de trajet, qui à partir de l'année d'imposition 2026 est de 0,38 € par kilomètre entier dès le premier — la loi fiscale modificative de 2025, publiée au journal officiel fédéral le 23 décembre 2025, a supprimé l'ancien double barème où les vingt premiers kilomètres ne valaient que 30 centimes. Confronte les deux et le croisement tombe à 6 ÷ 0,38 = 15,79 km dans un sens. Au-delà, chaque journée passée chez soi vaut moins sur la déclaration qu'une journée où tu prends la voiture.
Dans le cas chiffré, l'effet est faible mais négatif. Deux cent vingt jours de bureau à dix-huit kilomètres donneraient une déduction de 1 504,80 € ; 132 jours de bureau plus 88 jours à domicile donnent 132 × 18 × 0,38 + 88 × 6 = 1 430,88 €, soit 73,92 € de moins, environ 22 € d'impôt à un taux marginal de 30 % et 31 € à 42 %. Rapporté aux 321 € de carburant et d'énergie que le même salarié gagne, cela ne change pas la réponse — mais cela signifie que l'État allemand paie les gens pour conduire, discrètement et par arithmétique plutôt que par intention.
Le plafond rend la chose plus nette encore. Le forfait allemand de télétravail s'arrête à 1 260 € par an, soit 210 jours à 6 €, et tout salarié dispose déjà d'un abattement automatique de 1 230 € au titre du paragraphe 9a. Le gain maximal d'un télétravailleur à temps plein sans autres frais professionnels est donc de 1 260 − 1 230 = 30 € de déduction supplémentaire, soit environ 9 € d'impôt à un taux marginal de 30 %. Dit à l'envers : il faut 205 jours à domicile pour seulement rejoindre la déduction qu'on avait gratuitement. Quels que soient les arguments en faveur du travail à domicile en Allemagne, la déclaration d'impôt n'en fait pas partie.
Qui doit payer : trois réponses juridiques, et une seule donne un chiffre
La France est le cas que l'on se représente mal. Le code du travail obligeait l'employeur à prendre en charge tous les coûts découlant directement du télétravail — et cette disposition a été abrogée par une ordonnance du 22 septembre 2017. Ce qui subsiste à l'article L.1222-10, ce sont trois obligations dont aucune n'est financière : informer le salarié des restrictions d'usage des outils informatiques, lui donner priorité pour un poste sans télétravail, et organiser chaque année un entretien sur ses conditions d'activité et sa charge de travail. L'obligation existe pourtant bel et bien, mais elle vient d'ailleurs : d'une règle générale posée par la Cour de cassation selon laquelle les frais professionnels engagés par le salarié doivent être supportés par l'employeur, renforcée par l'article 3.1.5 de l'accord national interprofessionnel du 26 novembre 2020, étendu par un arrêté du 2 avril 2021 et qui s'impose donc au-delà de ses signataires.
Les chiffres français que tout le monde cite ne sont pas cette obligation : ce sont son plafond social. Pour 2026, l'organisme de recouvrement exonère une allocation jusqu'à 11,00 € par mois par jour de télétravail hebdomadaire, ou 2,70 € par jour, dans la limite de 59,40 € par mois ; lorsqu'un accord collectif le prévoit, les limites montent à 13,20 € par mois et par jour hebdomadaire, ou 3,30 € par jour, dans la limite de 72,60 € par mois. Une enveloppe distincte de 55,20 € par mois couvre le matériel informatique appartenant au salarié. Ce sont des limites d'exonération, pas des droits : ton droit à être payé vient de ton accord, et le plafond dit seulement quelle part échappe aux cotisations.
L'Allemagne et l'Espagne occupent les deux extrêmes. Le droit allemand ne comporte ni droit au travail à domicile ni obligation de le financer ; le lieu d'exécution reste à la main de l'employeur au titre du code des professions, et la définition du poste de télétravail fixe donnée par le règlement sur les lieux de travail — qui, elle, exige que l'employeur fournisse et installe mobilier et équipements — est une définition et non une obligation : un employeur qui ne fournit rien n'a simplement pas créé de poste de ce type. L'Espagne va le plus loin : l'article 12 de la loi du 9 juillet 2021 sur le travail à distance dispose que le développement du travail à distance doit être payé ou compensé par l'entreprise et que le salarié ne peut supporter les coûts des équipements et moyens liés à son activité. Elle s'applique dès que le travail à distance atteint 30 % de la journée sur une période de référence de trois mois — deux jours sur cinq. Et elle ne cite aucun montant, renvoyant la somme à la négociation collective. L'obligation la plus forte des trois est aussi la moins chiffrée.
| Cas | Trajet économisé | Énergie domestique | Allocation ou effet fiscal | Solde |
|---|---|---|---|---|
| France, voiture, chauffage gaz, l'employeur verse l'allocation exonérée | 380,16 € | −50,19 € (25,85 € de chauffage, 24,34 € d'électricité) | +264 € (22 € par mois, deux jours hebdomadaires au plafond 2026) | +593,97 € |
| France, voiture, chauffage gaz, sans allocation | 380,16 € | −50,19 € | rien | +329,97 € |
| France, abonnement conservé, chauffage gaz, sans allocation | rien — un abonnement est un coût fixe | −50,19 € | rien | −50,19 € — le seul cas négatif de ce tableau |
| Allemagne, voiture, chauffage gaz, sans allocation, effet fiscal compté | 380,16 € | −58,78 € (22,01 € de chauffage, 36,77 € d'électricité à 0,3869 € le kilowattheure) | −22,18 € : 73,92 € de déduction perdue à un taux marginal de 30 % | +299,20 € |
| Espagne, voiture, chauffage gaz, avant ce que fixe la convention collective | 380,16 € | −42,56 € (17,19 € de chauffage, 25,37 € d'électricité) | juridiquement dû au titre de l'article 12, mais la loi ne fixe aucun montant | +337,60 €, plus ce qui est négocié |
Exemple calculé avec notre outil
Calculateur d'économies du télétravail
Données
- Coût du trajet par jour au bureau (carburant/transport + parking)
- 12,00 €
- Déjeuner par jour au bureau
- 12,00 €
- Café par jour au bureau
- 4,00 €
- Vêtements de travail par mois
- 40,00 €
- Jours de télétravail / semaine
- 3
- Trajet aller (min)
- 35
- Semaines travaillées / an
- 48
Résultat
- Économies mensuelles
- 376,00 €
- Économies annuelles
- 4 512,00 €
- Heures de trajet regagnées / an
- 168
Ces chiffres sont produits par le calculateur ci-dessous, pas saisis à la main — ils sont recalculés à chaque évolution de l'outil.
Refaire ce calcul avec tes chiffres →Sur ce site
Questions fréquentes
- Mon employeur doit-il me verser une allocation de télétravail ?
- Cela dépend du pays, et les trois réponses sont réellement différentes. En Espagne, oui : l'article 12 de la loi de 2021 sur le travail à distance dispose que l'entreprise doit le payer ou le compenser et que le salarié ne peut supporter les coûts des équipements et moyens liés à son activité — mais il ne s'applique qu'à partir de 30 % de la journée sur une période de référence de trois mois, et il ne fixe aucun montant, renvoyé à la négociation collective. En France, la disposition du code du travail relative aux coûts a été abrogée en 2017, mais l'obligation subsiste par une règle générale de jurisprudence selon laquelle les frais professionnels incombent à l'employeur, renforcée par un accord national étendu. En Allemagne, aucune obligation de ce type — seulement une déduction fiscale que tu demandes toi-même.
- Ma facture de chauffage va-t-elle vraiment augmenter autant qu'on le dit ?
- Presque certainement non, et le chiffre est facile à encadrer. Le surcroît est le coefficient de déperdition de ton logement multiplié par les degrés supplémentaires et par les heures. À 120 watts par kelvin, trois degrés et neuf heures, cela fait 3,24 kilowattheures de chaleur par jour, qu'une chaudière gaz à 90 % transforme en 3,60 kilowattheures de gaz — environ 52 centimes par jour au prix français du gaz domestique de 0,1436 € au second semestre 2025. Sur cinquante jours de saison de chauffe, 25,85 € par an. Trois choses peuvent le multiplier : un logement mal isolé, qui augmente le coefficient ; un chauffage électrique direct, qui le porte à 83 centimes par jour en France et 1,25 € en Allemagne ; et un logement auparavant vide toute la journée plutôt qu'en simple réduit. Même ainsi, la pire combinaison ici équivaut à sept kilomètres de voiture par jour.
- J'ai un abonnement de transport. Le télétravail me fait-il économiser quoi que ce soit ?
- Pas sur le transport, et c'est la réponse honnête. Un abonnement est un coût fixe : il coûte pareil que tu fasses quarante trajets par mois ou vingt-quatre, donc les jours passés chez toi ne retirent rien. Pendant ce temps, tu paies toujours le supplément de chauffage et d'électricité, soit 50,19 € par an dans le cas chiffré — l'abonné sans allocation est donc légèrement perdant, pas gagnant. Deux issues. Chiffrer l'alternative : à partir d'un certain nombre de jours de télétravail par mois, les tickets à l'unité battent l'abonnement, et le point de bascule est une arithmétique de cinq minutes avec tes propres tarifs. Ou demander l'allocation, qui au plafond d'exonération français pour deux jours par semaine vaut 264 € par an et fait passer le même cas de 50,19 € de perte à 213,81 € de gain.
- Le travail à domicile est-il bon ou mauvais pour ma déclaration d'impôt allemande ?
- Mauvais au-delà d'un trajet court, et l'arithmétique est sans ambiguïté. Une journée à domicile vaut 6 € forfaitaires ; une journée au bureau vaut 0,38 € par kilomètre entier dès le premier à partir de l'année d'imposition 2026. Divise et le croisement tombe à 15,79 km dans un sens : au-delà, rester chez soi te coûte de la déduction. Il y a en outre un plafond à la propriété gênante : le forfait de télétravail s'arrête à 1 260 € par an, 210 jours à 6 €, alors que tout salarié perçoit déjà un abattement automatique de 1 230 €. Le mieux qu'un télétravailleur à temps plein sans autres frais puisse faire est donc 30 € de déduction supplémentaire, soit environ 9 € d'impôt. C'est une raison de vérifier tes chiffres, pas une raison de reprendre la voiture : l'économie de carburant dans le même cas est plus de dix fois supérieure à l'impôt perdu.
- Et le bureau, le fauteuil et le second écran ?
- C'est un coût ponctuel à effet durable : amortis-le avant de comparer. Six cents euros de bureau, fauteuil et écran étalés sur cinq ans font 120 € par an, soit un peu plus du tiers des 329,97 € d'économie annuelle du cas français sans allocation — significatif, mais pas décisif, et cela s'arrête après la cinquième année. Qui doit payer est une autre question, avec les trois mêmes réponses que pour l'allocation : en Espagne l'employeur doit fournir les équipements ; en France l'organisme de recouvrement exonère en outre 55,20 € par mois pour 2026 lorsque le salarié utilise son propre matériel informatique, ce qui indique que la pratique est attendue ; et en Allemagne le règlement sur les lieux de travail n'exige la fourniture et l'installation du mobilier et des équipements que là où un poste de télétravail fixe a réellement été créé — ce qu'un employeur qui ne fournit rien n'a par définition pas fait.
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Cet article explique le fonctionnement d'un calcul et des règles qui l'entourent. Ce n'est pas un conseil fiscal, juridique, comptable, social ou financier. Chaque montant, taux et seuil est indiqué avec l'année à laquelle il s'applique et le texte qui le fixe, parce que ces valeurs sont révisées — certaines automatiquement chaque 1er janvier, d'autres seulement par une loi, d'autres pas depuis vingt ans. Ton contrat, ta convention collective, ta forme juridique et tes propres chiffres peuvent déplacer beaucoup la réponse : vérifie tout élément auprès de la source citée et d'un conseil qualifié avant d'agir.
Sources
- Légifrance — Article L.1222-10 du code du travail, version in force since 24 September 2017: the three surviving employer duties on telework — informing the employee of restrictions on IT equipment, priority for a non-telework post, and an annual interview. The former duty to bear all costs arising directly from telework was repealed by ordonnance n° 2017-1387 du 22 septembre 2017
- Cour de cassation, chambre sociale — Arrêt du 9 janvier 2001, n° 98-44.833, publié au bulletin: expenses an employee proves were incurred for the needs of their professional activity and in the employer's interest must be reimbursed and may not be charged against the pay owed — the rule that now carries the French telework obligation
- Bulletin officiel de la sécurité sociale (BOSS) — Frais professionnels, version en vigueur au 01/01/2026 — telework allowances exempt from contributions: 11,00 € a month per weekly telework day or 2,70 € a day, capped at 59,40 € a month; 13,20 € a month per weekly day or 3,30 € a day, capped at 72,60 €, where a collective agreement provides for it; and 55,20 € a month for the employee's own IT equipment
- Bundesministerium der Justiz — gesetze-im-internet.de — § 4 Absatz 5 Satz 1 Nummer 6c EStG: the Tagespauschale of 6 € for each calendar day on which the work is done mainly at home and no first place of work outside the home is visited, capped at 1 260 € a year — 210 days. Applicable to activities carried on at home after 31 December 2022 under § 52 Abs. 6
- Bundesministerium der Justiz — gesetze-im-internet.de — § 9 Absatz 1 Satz 3 Nummer 4 EStG: the Entfernungspauschale of 0,38 € for every full kilometre between home and the first place of work, following the Steueränderungsgesetz 2025 (BGBl. 2025 I Nr. 363, issued 23 December 2025), which replaced 0,30 € and deleted the tier that began at the 21st kilometre; first assessment year 2026 under the general rule of § 52 Abs. 1. And § 9a: the Arbeitnehmer-Pauschbetrag of 1 230 €
- Agencia Estatal Boletín Oficial del Estado — Ley 10/2021, de 9 de julio, de trabajo a distancia: artículo 1 (the law applies to remote work performed over a three-month reference period for at least 30 % of the working day), artículo 11 (the right to adequate provision and maintenance of all means, equipment and tools), artículo 12 (the company must pay for or compensate remote work, and the worker may not bear the costs of equipment and means; collective agreements set the mechanism and the amount)
- Eurostat — Household electricity prices, dataset nrg_pc_204, consumption band DC, all taxes and levies included, second half of 2025: 0,2561 €/kWh in France, 0,3869 in Germany, 0,2669 in Spain, 0,2896 in the EU. The companion gas series, dataset nrg_pc_202, band D2 on the same basis: 0,1436, 0,1223, 0,0955 and 0,1228
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