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Regrouper ses crédits déplace la dette, et coûte parfois plus cher

Publié le 08/09/2025 · 11 min de lecture · Calculateurs finance

Camille Laurent

Camille LaurentRédactrice Finance chez OneKitly

Fiscalité · Finances personnelles

Vérifié à partir de 4 sources

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En bref

Le regroupement remplace plusieurs soldes par un seul prêt. La mensualité baisse presque toujours — c'est ce qui le vend —, mais la mensualité et le coût sont deux questions distinctes. Prends quatre dettes totalisant 20 000 € : 2 000 € à 30 %, 4 000 € à 26 %, 8 000 € à 22 % et 6 000 € à 12 %, soit 20,6 % en moyenne pondérée, remboursées avec 680 € par mois. Attaquées par le taux le plus élevé, elles disparaissent en 40 mois pour 7 085 € d'intérêts. Regroupées en un prêt unique à 9,9 % sur sept ans, la mensualité tombe à 330,99 €, une baisse de 51,3 % — et les intérêts montent à 7 803 €. Moitié moins de taux, davantage d'argent. Car une mensualité dépend du taux et de la durée ensemble, et allonger la durée ajoute plus d'intérêts que diviser le taux n'en retire. Balaie la durée et le basculement apparaît : à 76 mois le regroupement coûte 7 001 € et gagne ; à 77 mois il coûte 7 100 € et perd. Des frais de dossier de 3 % incorporés au capital coûtent 834 € sur sept ans, pas 600 €, puisque tu les empruntes et paies des intérêts dessus. Et une carte soldée qui resert annule tout l'exercice.

Quatre soldes de 20 000 € à 20,6 % en moyenne, remboursés sur un budget de 680 €, coûtent 7 085 € d'intérêts. Un seul prêt à 9,9 % sur sept ans ramène la mensualité à 330,99 € — et coûte 7 803 €. Le seuil de bascule est à 77 mois.

Pourquoi la mensualité baisse : deux leviers actionnés ensemble

Une offre de regroupement change deux choses à la fois, et l'argumentaire ne montre que le résultat. Les quatre dettes ci-dessus tournent à 20,6 % en moyenne pondérée — soit 4 120 € d'intérêts par an, 343,33 € par mois, sur 20 000 €. L'offre est à 9,9 % sur 84 mois, et la mensualité vaut 330,99 € contre les 680 € qui sortent aujourd'hui. Sépare les leviers et tu vois lequel a travaillé. Le taux seul, à 9,9 % mais sur les 40 mois que met le budget actuel, donne une mensualité de 589,07 € et 3 563 € d'intérêts — soit 3 522 € de moins que les 7 085 € que coûtent les dettes en l'état. La durée seule, en conservant 20,6 % mais en étirant à 84 mois, donne 451,38 € par mois et 17 916 € d'intérêts.

Cette décomposition, c'est tout l'article en deux lignes. La baisse de taux vaut de l'argent réel. L'allongement de la durée est ce qui rend la mensualité petite, et c'est aussi ce qui réinjecte les intérêts. Ensemble, ils donnent les 330,99 € annoncés et une facture d'intérêts de 7 803 € — plus que les 7 085 € qu'auraient coûté les dettes non regroupées. Personne ne te ment en disant que la mensualité est divisée par deux ; elle l'est bel et bien. Elle répond simplement à une autre question que celle du coût.

Où se situe le point d'équilibre

La comparaison n'a qu'un seul point de croisement, et mieux vaut le calculer que le deviner. En maintenant le taux à 9,9 % et en balayant la durée, les intérêts totaux franchissent les 7 085 € — ce que coûtent les dettes attaquées par le taux le plus élevé avec les 680 € actuels — entre le 76e et le 77e mois. À 76 mois le prêt coûte 7 001 € et reste l'option la moins chère ; à 77 mois il coûte 7 100 € et ne l'est plus. En gros : à cet écart de taux, un regroupement sur moins de six ans et quatre mois fait économiser, et au-delà il dépense de l'argent pour acheter une mensualité plus petite.

Deux choses déplacent ce point, et il vaut la peine de les vérifier sur une offre réelle. Un écart de taux plus large le repousse : si les dettes étaient toutes à 26 % au lieu de 20,6 % en moyenne, le prêt resterait gagnant plus longtemps. Un budget plus élevé le rapproche, car rembourser plus vite laisse moins de temps aux intérêts de courir et abaisse le chiffre que le prêt doit battre. C'est pourquoi une proposition de regroupement ne se juge pas isolément : la comparaison honnête se fait toujours contre ce que le même argent aurait fait sur les dettes que tu as déjà.

Les frais sont empruntés eux aussi

Frais de dossier, commissions de courtage et primes d'assurance ne se paient généralement pas d'avance. Ils s'ajoutent au montant emprunté, ce qui signifie que tu les finances au taux du prêt pendant toute la durée. Ajoute 3 % de frais de dossier à cet exemple et le capital passe à 20 600 €. La mensualité monte de 330,99 € à 340,92 € — 9,93 € par mois, d'où l'absence d'objection — et sur 84 mois cet écart totalise 834 €. Les frais étaient de 600 €. Les 234 € restants sont des intérêts sur les frais : une majoration de 39 % sur un prélèvement annoncé comme un simple 3 %.

Frais inclus, le prêt rembourse 28 637 € au total pour un solde de départ de 20 000 €, et les intérêts s'établissent à 8 037 € au lieu de 7 803 €. La parade pratique consiste à lire le taux annuel effectif global plutôt que le taux nominal, puisque c'est lui qui doit intégrer les coûts obligatoires dans la comparaison, et à demander explicitement quels frais sont ajoutés au capital plutôt que réglés à part. Si des frais de courtage, une garantie ou une assurance emprunteur sont inclus, chacun est emprunté au taux du prêt pendant sept ans.

L'alternative qui n'emprunte rien : avalanche et boule de neige

Les deux méthodes sans nouvel emprunt paient le minimum sur chaque dette et versent tout l'excédent sur une seule cible. L'avalanche vise le taux le plus élevé d'abord — ici la carte de magasin à 30 %, puis 26, puis 22, puis le prêt personnel à 12. Avec le budget de 680 €, elle liquide les quatre en 40 mois pour 7 085 € d'intérêts, 27 085 € au total. La boule de neige vise le plus petit solde d'abord — les 2 000 €, puis 4 000, puis 6 000, puis 8 000 — et les liquide en 41 mois pour 7 616 €, soit 27 616 € au total. L'avalanche l'emporte de 531 € et d'un mois, ce qui représente 7,5 % d'intérêts en plus pour la boule de neige sur un encours de 20 000 €.

Il existe une troisième option que le marketing ne présente jamais, et sur ces chiffres elle bat toutes les autres : prendre le prêt de regroupement et continuer à verser les 680 € d'avant. Le capital de 20 600 € à 9,9 %, frais compris, s'éteint en 36 mois avec 3 202 € d'intérêts — 23 802 € remboursés au total, soit 3 283 € de moins que l'avalanche et quatre mois plus tôt. Le prêt n'est pas le problème. Ce qui transforme un taux moins cher en résultat plus cher, c'est de dépenser la baisse de mensualité au lieu de la baisse de taux.

La variable qui décide de la plupart des issues réelles

Le regroupement ne supprime pas une ligne de crédit ; il la vide. Les cartes soldées existent toujours, plafonds rétablis, et l'arithmétique de la suite s'écrit facilement. Supposons que 8 000 € reviennent sur une carte à 22 % et que tu les rembourses avec les 339,08 € libérés par le regroupement. Il faut 32 mois et 2 575 € d'intérêts pour l'éteindre — alors que le prêt sur sept ans court encore. La dette totale atteint alors 28 600 € contre les 20 000 € du départ, et la sortie mensuelle est revenue à son niveau initial, avec trois années de prêt en plus derrière.

Ce n'est pas une faute morale et ce n'est pas rare. C'est ce qui arrive quand l'écart de trésorerie qui a créé les soldes n'a pas changé, et le regroupement à lui seul ne le change pas. Les points mesurables à vérifier avant de signer sont étroits et concrets : les comptes vidés peuvent-ils être fermés ou plafonnés, le prêt est-il garanti par ton logement — ce qui transforme une dette non garantie en une dette qui peut te coûter la maison, un changement de nature et non de prix —, existe-t-il une indemnité de remboursement anticipé si ta situation s'améliore, et quel est le TAEG tous coûts obligatoires inclus. Un accompagnement gratuit et encadré existe dans la plupart des pays et ne coûte rien à solliciter.

Mensualité
Les mêmes 20 000 € à 9,9 %, balayés sur plusieurs durées, face aux 7 085 € que coûte la méthode du taux le plus élevé avec 680 € par mois
DuréeMensualitéIntérêts totauxFace à l'alternative à 7 085 €
2 ans921,98 €2 127 €4 958 € de moins
3 ans644,41 €3 199 €3 887 € de moins
4 ans506,29 €4 302 €2 783 € de moins
5 ans423,96 €5 437 €1 648 € de moins
6 ans369,51 €6 605 €481 € de moins
6 ans 5 mois — le basculement351,95 €7 100 €15 € de plus
7 ans330,99 €7 803 €718 € de plus
10 ans263,20 €11 583 €4 498 € de plus
Calculateur de consolidation de dettesListe tes dettes et un prêt de consolidation pour voir s'il réduit ta mensualité et tes intérêts totaux.Essayer l'outil

Questions fréquentes

Comment un taux plus bas peut-il me coûter plus cher ?
Parce que les intérêts se calculent sur un solde pendant une durée, et que le regroupement baisse en général le taux tout en multipliant la durée. Dans l'exemple chiffré, le taux passe de 20,6 % pondérés à 9,9 %, mais la période de remboursement s'étire de 40 à 84 mois. La seule baisse de taux aurait économisé 3 522 € ; l'allongement en reprend davantage, et le total s'établit à 7 803 € au lieu de 7 085 €. La mensualité est plus petite chaque mois, et il y en a beaucoup plus.
Une mensualité plus faible est-elle parfois le bon objectif ?
Cela peut l'être. Si les mensualités actuelles ne peuvent pas être honorées, les impayés, les frais de rejet et les procédures coûtent bien plus que le surcoût d'intérêts d'une durée plus longue, et une mensualité que tu peux réellement payer a une valeur que l'arithmétique ci-dessus ne capture pas. L'important est d'en connaître le prix : sur ces chiffres, acheter 349 € de baisse de sortie mensuelle coûte 718 € d'intérêts supplémentaires sur sept ans. C'est un arbitrage défendable pour qui n'arrive pas à équilibrer son budget, et un mauvais arbitrage pour qui y arrive.
Quel taux faut-il pour qu'un regroupement gagne clairement ?
Il n'existe pas de seuil universel, car la réponse dépend autant de la durée que du taux. Le test qui se généralise : calcule ce que tes dettes actuelles coûteraient si tu les remboursais avec la mensualité que tu verses aujourd'hui, puis cherche la durée la plus longue pour laquelle les intérêts totaux du nouveau prêt restent sous ce chiffre. Dans l'exemple, 9,9 % battent 7 085 € jusqu'à 76 mois et perdent à partir de 77. Change le budget ou les soldes et ce point se déplace — raison précise pour laquelle il faut le calculer sur tes propres chiffres plutôt que reprendre la règle empirique d'un autre.
Faut-il garantir le prêt sur son logement pour obtenir un meilleur taux ?
Ce n'est pas une question à laquelle un calculateur peut répondre, et cet article n'y répondra pas à ta place. Ce que l'on peut énoncer clairement, c'est ce qui change : une dette non garantie est une créance sur toi, une dette garantie est une créance sur le bien ; un défaut qui n'aurait entraîné qu'un recouvrement peut alors signifier la perte du logement. Le taux est en général plus bas exactement pour cette raison — le risque du prêteur a baissé parce que le vôtre a monté. Qui l'envisage doit d'abord consulter un conseil réglementé ; des services d'accompagnement gratuits existent dans la plupart des pays.
Les taux de cet article sont-ils des taux de marché réels ?
Non, et ils ne sont pas présentés comme tels. Les 30, 26, 22, 12 et 9,9 % sont des entrées illustratives choisies pour rendre le mécanisme visible ; l'arithmétique bâtie dessus est exacte pour ces entrées-là et rien d'autre. Les taux réels des cartes, des cartes de magasin et des prêts personnels varient selon le pays, l'établissement, le profil et le mois. Mets tes propres soldes, taux et mensualité dans un calculateur et compare les intérêts totaux — pas la mensualité — avant de décider quoi que ce soit.

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Cet article est explicatif. Il expose le fonctionnement d'un calcul et ce qui en change le résultat ; ce n'est pas un conseil financier, en investissement, fiscal ou en endettement, il ne tient aucun compte de tes revenus, de tes engagements ni de ta situation, et il ne peut pas te dire quoi faire. Chaque chiffre historique cité ici appartient à l'étude ou au jeu de données auquel il est attribué, et les résultats passés ne préjugent pas des résultats futurs. Les taux, les frais, les règles fiscales et les protections du crédit à la consommation varient d'un pays, d'une année et d'un contrat à l'autre : vérifie tout chiffre présenté ici auprès de la source officielle en vigueur et dans tes propres documents avant de t'y fier. Rien ici n'est un devis ni une offre. Si tu es en difficulté d'endettement, il existe dans la plupart des pays un accompagnement gratuit et encadré, qui vaut mieux que n'importe quel calculateur ; pour les décisions d'investissement et de retraite, consulte un conseiller réglementé.

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